Ni oubli, ni pardon ! Justice pour Andrés !


Un petit bilan réalisé par Carré d’info sur le rassemblement qui a eu lieu samedi 13 novembre place du capitole et dont l’UAT a été partie prenante. L’affaire est loin d’être close car Matthieu Clique sera entendu le 25 octobre et la date de son procès n’est pas encore fixé.  Nous devons rester vigilant et mobilisé d’autant plus que l’appel à solidarité lancée en avril par le comité de soutien à Andrés reste d’actualité car les dépenses sont nombreuses (besoins de première nécessité, frais juridiques…). Notre soutien s’avère extrêmement important étant donné la situation plus que précaire qu’il doit subir au quotidien : état de santé fragilisé, OQTF toujours en cours ne permettent pas à Andrés de travailler ou de se loger…

Le 31 mars dernier, Andrés était agressé par des militants d’extrême droite dans le quartier Arnaud Bernard. Gravement blessé, l’étudiant chilien a été hospitalisé deux mois et demi. Pour ne pas oublier, plusieurs associations et son comité de soutien ont manifesté samedi place du Capitole. Parallèlement, l’auteur présumé de l’agression, actuellement en détention, sera entendu le 25 octobre prochain indique son avocat ….

la suite sur Carré d’info  !

et quelques petites photos du rassemblement sur le site citizen-side !

Suite de l’affaire Andrés


Rappel des faits

Place Arnaud Bernard

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2012 un groupe d’une vingtaine de fachos composés majoritairement de hooligans du TFC, accompagnés de militants du Bloc Identitaire et de boneheads [1] ont fait irruption sur la place Arnaud Bernard. Après quelques provocations racistes [2], le groupe a saccagé la terrasse d’un kebab et  s’en est pris à la clientèle. L’agression amena une riposte unitaire de la part des témoins médusés par la violence des actes. Une foule s’empressa alors de virer la vingtaine de fascistes de la place. Dans leur fuite alors qu’ils n’étaient plus pourchassés et sans doute vexés de ne pas avoir pu faire aussi mal que ce qu’ils espéraient, les fachos ont commis l’irréparable. En effet, ils s’en sont pris à Manuel Andrés Pardo, un étudiant chilien qui rentrait chez lui après avoir assisté à un concert place Arnaud Bernard. Un coup de pied le projeta violemment au sol et fractura son crane. Le lynchage fut évité de justesse grâce à quelques témoins qui eurent les bons mots au bon moment pour que les fachos partent enfin pour de bon. Peu après l’attaque, la nouvelle de l’agression se répandit dans tout le quartier. C’est ainsi qu’une quarantaine de personnes secoués par les violences de la soirée allèrent manifester leur mécontentement devant L’Oustal, le local toulousain du Bloc Identitaire situé au 36 allées de Barcelone. Local qui est depuis son ouverture le lieu de rassemblement incontournable de l’extrême droite toulousaine. L’Oustal était sous protection policière et rien ne supposait donc que la violence s’exprime à nouveau. Pourtant l’arrivée du groupe engendra une réponse policière quasi instantanée alors qu’aucune violence ni dégradation n’avait été commise. Une vingtaine de personnes furent interpellées dont 4 placées en garde à vue. 2 personnes furent relâchées dans l’heure. Les 2 autres ne furent libérées que le 2 avril au soir non sans être passées devant un juge des libertés. En effet la police croyait détenir à ce moment là les agresseurs d’Andrés…

Bilan catastrophique de la soirée : une énième attaque de fachos, plusieurs blessés légers, des dégradations, un étudiant dans le coma entre la vie et la mort, une vingtaine de personnes apparentées antifascistes [3] interpellées dont 4 gardées à vue impliquant des poursuites judiciaires, des fachos qui une fois de plus ont fait ce qu’ils voulaient dans Toulouse en toute impunité et une police égale à elle-même…

Dés le lendemain, les amis de Manuel Andrés Pardo, le plus durement touché par le déchaînement de violence de cette soirée, se sont constitués en collectif de soutien pour que justice lui soit rendu. L’état d’Andrés s’est heureusement « amélioré », plusieurs semaines d’hôpital l’ont aidé à se remettre tant bien que mal de l’agression. Il est sorti de l’hôpital mi-juin non sans de graves séquelles, il est entre autre hémiplégique.

L’enquête sur l’agression a été confiée à un juge d’instruction assisté par des enquêteurs de la sûreté départementale. Mercredi 27 juillet 2012, une quinzaine d’interpellations ont eu lieu dans les milieux d’extrême droite. Plusieurs membres du Bloc Identitaire, des hooligans ainsi que des boneheads furent placés en garde à vue. S’en suivit une mise en détention pour l’auteur présumé du coup porté à Andrés et ayant entraîné son coma. Matthieu Clique leader du Bloc Identitaire toulousain, responsable des Jeunesses Identitaires toulousaines, responsable de l’Oustal est depuis détenu à la maison d’arrêt de Seysse.

Coup d’épée dans l’eau ?

Depuis plus d’un an, l’UAT comme d’autres, dénonce la violence croissante de l’extrême droite toulousaine. De multiples agressions, attaques, intimidations, dégradations imputées à l’extrême droite ont été commises dont plusieurs relayées par la presse nationale avec parfois un traitement médiatique scandaleux. Alors que beaucoup de personnes se sont élevées publiquement contre ces violences. Alors que la tension montait inlassablement attisée par les coups de plus en plus rudes des nervis fascistes. Alors que tout ça aurait pu se terminer bien mal beaucoup plus tôt, il aura fallu attendre un drame pour qu’une esquisse de réaction de la police et de la justice se dessine. Nous savons très bien que l’enquête n’est pas finie et qu’elle sera longue, mais le premier bilan a plutôt triste mine. On a d’un coté, plus d’un an de violences fascistes, un étudiant chilien [4] qui a failli perdre la vie et qui gardera de lourdes séquelles dues à son agression, une vingtaine de personnes menacées par la justice pour avoir eu une réaction humaine et sans conséquences violentes [5]. De l’autre coté, plusieurs mois d’enquête, un juge d’instruction, la sûreté départementale, des centaines d’auditions, des témoignages à la pelle, seulement 14 interpellations grand spectacle [6], une tête à claque qui n’a rien avoué, en préventive pour 2 ou 3 mois, et sûrement plusieurs années avant que l’affaire passe en justice avec à la clef peut être aucune condamnation. De plus, la vingtaine d’agresseurs de la place Arnaud Bernard n’est toujours pas inquiétée par la justice et à notre connaissance aucune poursuite n’est engagée contre eux à l’heure actuelle !

A nos yeux, la balance pèse encore et toujours du cotés des agresseurs, les fachos…

Aux innocents les mains pleines

Il est évident que Matthieu n’est pour l’instant que présumé coupable (ou innocent). Il est normal que son avocat, sa famille, ses amis, le Bloc Identitaire le soutienne. Après il y a l’art et la manière de le faire… Certains ne manquent pas de culot en croyant soutenir Matthieu. Si on résume la teneur des propos publics, Matthieu est une victime, Matthieu est un héros, Matthieu est un martyr déjà condamné par le système. A travers le monde, certains vont en prison ou sont tués parce qu’ils ont lutté contre la fermeture de leur usine, contre une loi injuste, contre la privation de leurs droits élémentaires, contre une dictature… Et il y a Matthieu, un petit fasciste déjà condamné pour incitation à la haine raciale qui est accusé d’avoir tabassé gratuitement un étranger qui passait à proximité à 20 contre 1. Certains n’ont même pas honte d’élever Matthieu au rang de prisonnier politique, rien de moins !

Fin du triste spectacle ?

L’incarcération de Matthieu est elle une bonne fin en soit ? Va-t-elle guérir totalement Andrés et toutes les victimes des fachos ?  Matthieu est-il à lui seul responsable de l’ensemble des violences fascistes à Toulouse ? Les fachos toulousains sont depuis apeurés et calmés pour de bon ?

A toutes ces questions nous répondrons amèrement par non. Non, ce n’est malheureusement pas fini. La vie continue chez les fascistes toulousains. Il ne serait pas fou de parier qu’on entende à nouveau parler de leurs violentes frasques [7].

 NB: Samedi 13 Octobre 2012 se tiendra un rassemblement de soutien à Manuel Andrés Pardo, place du Capitole à 14h. voir ici.

[1] Boneheads, skinheads néo-nazis.

[2] Plusieurs saluts hitlériens ont été effectués par les assaillants.

[3] On se permettra ici de les qualifier d’antifascistes à la vue du peu d’éléments dont nous disposons sur ces personnes. Nous les invitons d’ailleurs à prendre contact avec l’UAT.

[4] Les rumeurs les plus folles courent sur Andrés pour le dénigrer et ainsi le faire passer pour un agresseur… Nous répondrons que Andrés est bien le fondateur historique de l’UAT, commandant opérationnel des opérations clandestines antifascistes, qu’il était armé d’une machette, d’un pistolet à grenaille et qu’il méritait de se faire défoncer à 20 contre 1…

[5] Là encore les fantasmes sont bien loin de la réalité. Fantasmes colportés par des artisans de la haine qui veulent faire croire que des groupes armés s’affrontent la nuit à Toulouse pour des différents idéologiques. Le groupe apparenté antifasciste n’a commis aucune violence ni dégradation et n’était pas armé ce soir là.

[6] Plusieurs arrestations ont eu lieu à Toulouse mais aussi dans d’autres régions  nécessitant l’intervention du GIPN (rien de moins !) avec la présence des journalistes.

[7] Le 19 juillet dernier, ce sont les Nationalistes Autonomes qui ont encore violemment fait parler d’eux, voir ici.

Un début pour Andrés


Perquisition matinale à l’Oustal le 28/06/2012. Photo DDM T. Bordas.

Des nouvelles concernant l’enquête pour Andrés victime d’une agression ultra violente par l’extreme droite: un article de la dépêche  à lire qui précise, notamment, que des arrestations ont bien eu lieu au local de l’Oustal et un autre qui précise la mise en examen  de Matthieu Clique notamment.

[Communiqué] Unité face à l’extrême droite


Refoulés de la manifestation occitane qui s’est déroulée l’après-midi du samedi 31 mars, dimanche 1er avril vers une heure du matin, une vingtaine d’individus d’extrême droite ont décidé d’effectuer une descente sur la place Arnaud Bernard, symbole du métissage culturel et lieu populaire toulousain. Ils/Elles ont tenté d’imposer leur haine sur la place. Grâce à une réaction collective des individus présent-e-s, ils/elles ont pu être repoussé-e-s.

Dans leur déroute, ils/elles s’en sont pris-es avec une rare violence à un étudiant chilien et l’ont grièvement blessé. La victime, dans le coma, a été transportée à l’hôpital avec un pronostic vital engagé. Bien que son état se soit amélioré le dimanche, celui-ci est toujours hospitalisé dans un état qui reste préoccupant.

Face à ces agressions d’une extrême violence, une vingtaine de personnes se sont dirigées vers le 36 Allée de Barcelone (local du Bloc Identitaire) et ont été stoppées par les forces de l’ordre qui assuraient la sécurité du lieu. Cette attitude des forces de l’ordre, qui semblent plus promptes à protéger le local d’un groupe d’extrême droite structuré et agressif que la population rassemblée ce soir là place Arnaud Bernard dans un cadre festif, nous interpelle, de même que les seuls contrôles d’identité et interpellations ont eu lieu seulement chez les militant-e-s antifascistes.

Cette attaque est une nouvelle expression du caractère agressif croissant des groupuscules d’extrême droite à Toulouse. Depuis deux ans, ils multiplient les actions violentes : attaque du groupe ZEP à la fête de la musique, attaques de bars, menaces sur des militant-e-s associatifs/ives, syndicaux/ales et politiques…

Cette situation s’est aggravée avec l’ouverture au 36 Allée de Barcelone d’une maison de « l’identité toulousaine » mal nommée l’Oustal. C’est le local du Bloc Identitaire toulousain : une organisation d’extrême droite, ouvertement raciste, xénophobe, homophobe et sexiste. Ce lieu est devenu le point de rassemblement de tous les hooligans, néo-nazis et autres nationalistes du Sud-ouest et a ainsi permis à ces groupuscules de bénéficier d’une base arrière pour coordonner leurs attaques, comme le prouvent les événements de la nuit de samedi à dimanche. Toute cette agitation n’a qu’un seul but : stigmatiser quotidiennement les étranger-e-s et les immigré-e-s et distiller le racisme, la xénophobie et la haine.

Refusant que Toulouse soit livrée à la haine et à la xénophobie, nous appelons l’ensemble de la population à se mobiliser afin de prouver que notre ville ne leur appartiendra jamais et qu’elle restera une ville antifasciste!

Nous exigeons :

– la fermeture du local du Bloc Identitaire au 36 Allée de Barcelone

– l’arrêt de la politique gouvernementale actuelle visant à faire de l’étranger-e le/la responsable de tous nos maux et légitimant ainsi les actions de ces groupuscules.

Soyons tous et toutes uni-e-s face à l’extrême droite !

Premiers signataires : AGET FSE, Alternative Libertaire, ATTAC Toulouse, Confédération Nationale du travail, Comité de soutien à Andres, Coup pour Coup 31, Convergences et Alternative,  Dechoukaj, Europe Ecologie Les Verts, Fédération Syndicale Unitaire, Front de Gauche, Nouveau Parti Anticapitaliste, OCML-Voie Prolétarienne, Parti Communiste Français, Parti de Gauche,  Partit Occitan Pais Tolosan , Réseau Universités Sans Frontières 31, SUD Culture Solidaires, SUD Etudiant, Union Antifasciste Toulousain

communiqué ici

Les InRocKs donnent le ton


Un article des InRocKs qui revient sur les évènements du week end où Andrés a été gravement blessé

Depuis quelques mois, les incidents se multiplient à Toulouse entre les militants d’extrême droite réputés proches du Bloc identitaire et les antifascistes. Leur dernière confrontation samedi soir a failli virer au drame.

Manuel Andrès, 37 ans, ne peut ni parler ni marcher. Samedi dernier, un coup de pied dans le torse le fait (mal) tomber sur le trottoir, lui fracturant le crâne. Cet étudiant chilien en anthropologie est la première victime grave des affrontements entre les mouvements proches de l’extrême droite et leurs opposants, qui ont débuté il y a quelques mois. Ses blessures, il les doit à sa présence à un concert dans le quartier populaire Arnaud-Bernard, quelques heures après la fin de la Marche pour l’occitan qui a réuni entre 20 et 30 000 personnes […]

la suite ici

Justice pour Andrés


Texte d’amis de Manuel Andrés Pardo gravement blessé au cours de son agression par les fachos. Manuel agressé à la suite de l’attaque d’Arnaud Bernard par une vingtaine de nervis fascistes.

Notre ami Manuel Andrés Pardo, de nationalité chilienne, étudiant en Master 1 d’anthropologie sociale et historique (EHESS et Université de Toulouse le Mirail) a été victime d’une violente agression entraînant une double fracture du crâne et un important hématome au niveau du cerveau. Le pronostic vital n’est plus engagé mais il est à ce jour toujours hospitalisé dans un état stationnaire.

Cette agression a eu lieu dans la nuit du samedi 31 mars au dimanche 1er avril non loin de la place Arnaud Bernard où Andrés venait d’assister à un concert. Il semblerait, d’après des témoins, que ses agresseurs faisaient partie d’individus appartenant à un groupe d’extrême-droite exclu l’après-midi de la manifestation pour la langue occitane et revenu le soir sur la place Arnaud Bernard en faisant le salut nazi. Ils s’étaient confrontés à quelques clients des cafés de la place avant de se replier dans les rues où ils ont croisé Andrés.
Notre ami n’a participé à aucune altercation ce samedi 31 mars. Son agression dans une rue adjacente du quartier Arnaud Bernard s’avère donc un acte de violence gratuite à l’encontre d’un individu isolé, sans défense et ne représentant aucune menace.
La situation d’Andrés est d’autant plus grave qu’il est sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), le sérieux de son parcours universitaire ayant été (à tort) mis en cause.
Il est clair pour nous, amis, condisciples et professeurs d’Andrés, que cette situation requiert une réaction forte du monde universitaire, associatif et toulousain. Nous devons nous mobiliser pour que justice soit faite à Andrés tant pour l’agression indigne dont il a été victime que pour la menace d’expulsion à son encontre, injuste et injustifiée !

Blog du comité de soutien à Andrés

Pétition de soutien à Andrés