Le 19 mars, une Marche pour la Justice et la Dignité


Un par mois. C’est, en moyenne, le nombre de pères, de frères, de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l’ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes : des techniques de pliage qui conduisent à l’asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de Taser qui, dans les pires des cas, s’avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de 40 ans, les nôtres sont ainsi tués par l’État Français, aux mains de ceux que l’on appelle ironiquement les « gardiens de la paix ». Régulièrement depuis plus de 40 ans, c’est l’impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts. L’acharnement policier, judiciaire et politique contre la famille Traoré, à qui nous exprimons toute notre solidarité, en est la preuve. À chaque fois, c’est la même histoire.

La répression qui nous vise, nous familles de victimes, s’est accentuée sous le régime de l’état d’urgence. Tous les abus sont devenus possibles, avec leurs lots de conséquences tragiques. Ce n’est plus la police qui s’adapte à la loi, c’est la loi qui s’adapte à la police… Et nous sommes loin d’être les seuls à avoir été visés par le renforcement des dispositifs sécuritaires et des violences d’État. En 2015, le gouvernement a déclaré une véritable guerre intérieure : il a traqué les migrants et ceux qui les défendent, poursuivi la traditionnelle répression des « Noirs », des « Arabes », des « Rroms » et plus généralement des quartiers populaires, ciblé les « Musulmans » notamment via des perquisitions, des assignations à résidence et des fermetures de mosquées totalement arbitraires… À cela s’ajoute la guerre sociale qu’ont menée Valls et consors, notamment dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. Face aux résistances des quartiers populaires et du mouvement social, on a vu les violences se déchainer en touchant des catégories jusqu’ici protégées.

Les attentas terribles que nous avons connus en 2015 et en 2016 sont venus renforcer l’arsenal sécuritaire alors qu’ils sont la conséquence directe de la politique guerrière que la France et ses alliés mènent à l’étranger. L’État Français, qui pèse toujours de tout son poids sur les peuples qu’il domine comme en Afrique, prolonge cette politique au Proche-Orient tout comme il entérine l’occupation de la Palestine. Sa « lutte contre le terrorisme » ressemble surtout à une agression permanente contre des peuples innocents. C’est, entre autres, ce qui nourrit la crise humanitaire des réfugiés, traités cyniquement comme une menace potentiellement « terroriste ». C’est le serpent qui se mord la queue : le climat de guerre intérieure permet de justifier le contrôle toujours plus brutal de la population et délivre un permis de violence aux forces de l’ordre qui répriment toutes les gueules qui ne lui reviennent pas et tous ceux qui, des familles de victimes aux manifestants contre la loi travail en passant par les militants des quartiers populaires à la ZAD, osent s’organiser contre l’État, réclamer justice et affirmer leur Dignité.

Nous sommes tous concernés !

La campagne présidentielle ne va rien arranger. Au contraire. Presque chaque nouvelle déclaration est une insulte faite à nos combats, à nos préoccupations et à nos urgences.

Parce que nous ne nous soumettrons pas à l’arbitraire du pouvoir,
Parce que les mots « justice » et « dignité » ont encore un sens pour nous,
Parce que nous pensons qu’il est primordial de nous organiser, ensemble, pour lutter contre la guerre faite aux pauvres, aux migrants, aux descendants de colonisés,

Nous appelons tout-e-s celles et ceux qui se sentent concernés par ces sujets à nous rejoindre dans toutes les initiatives à venir (voir calendrier au bas de la page) et à participer très largement à la Marche pour la Justice et la Dignité qui aura lieu le dimanche 19 mars 2017 à Paris. Contre la hogra, contre l’humiliation, contre le racisme et les violences policières, contre les guerres lâches faites en notre nom contre des peuples qui ne nous ont rien fait.

Retrouvons espoir, force et unité pour faire bloc ensemble au nom de la Justice et de la Dignité.

Contre l’Etat d’Urgence et pour les libertés !


Des manifestations interdites, des assignations à résidence arbitraires, des policiers autorisés à porter leurs armes en dehors de leur service et à tirer en l’air pendant les manifestations, des perquisitions en pleine nuit dans les quartiers populaires, on parle de quel État policier là ?
Ah oui, la France, en état d’urgence depuis les attentats du 13 novembre et qui s’est engouffrée un peu plus dans la brèche, déjà largement ouverte, de l’Etat policier. La condamnation légitime des actes d’une rare cruauté perpétrés par Daesh ne doit pas nous empêcher de rester critiques face aux mesures autoritaires et liberticides prises par le gouvernement, sous couvert de lutte contre le terrorisme. Pour nous, plusieurs combats sont à mener:

Se battre pour nos libertés
Il faut préserver nos libertés publiques. L’état d’urgence, les assignations à résidence, les perquisitions administratives, les interdictions de manifester ne servent à pas grand-chose face à des terroristes armés et déterminés. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, l’état d’urgence ne nous protège aucunement du terrorisme ! Par contre, cette restriction des libertés est bien pratique pour soutenir un pouvoir injuste et impopulaire, en muselant toute contestation sociale. Ainsi le samedi neuf janvier à Toulouse, la police a encerclé un repas partagé, organisé en soutien à la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le privant de toute visibilité et de possibilité d’interagir avec les passants. des-manifestants-ont-deploye-hier-une-banderole-devant-le_2664641_628x405pL’argument de la « sécurité » ne tient plus quand on pense que les manifestations d’hommage ont été maintenues, tout comme les manifestations commerciales telles les marchés de Noël ou les rencontres sportives… Pour nous l’urgence c’est d’agir pour préserver nos libertés : manifestations, grèves, occupations ! Nous devons construire un rapport de force et c’est maintenant qu’il faut le faire !

Ne pas laisser le racisme s’installer
Les « démocrates » et « républicains » ont beau jeu de s’insurger contre la montée du front national aux élections en appelant à la factice « unité nationale ». En accentuant la répression contre tous ceux et toutes celles qui sont désigné-es comme étranger-es et ennemi-es, ce sont aussi leurs gouvernements soi disant « démocrates » qui ont préparé le terrain à l’idéologie de l’extrême droite. Après les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre, la population issue de l’immigration a été encore plus stigmatisée. Assimilée en bloc à la religion musulmane, elle a été sommée de s’expliquer et de s’excuser pour des actes qu’elle n’a ni commis, ni souhaités. Elle a même dû faire face à des agressions verbales et physiques, sans parler de suspicions quotidiennes pour une barbe ou une jupe trop longue.

Contre les amalgames, contre les crimes policiers qui tuent les migrant-es et leurs descendants, développons nos solidarités, et ne restons pas sans voix !
Soutenir le peuple kurde, le seul à combattre Daech sur le terrain
Ne pas être spectatrice ou spectateur de cet état des choses, c’est aussi se poser la question de savoir comment véritablement combattre Daech. Arrêtons de serrer les rangs derrière des bombardements états-uniens, russes ou français, qui poursuivent des buts impérialistes qui ne concordent pas avec les intérêts du plus grand nombre !
Soutenons plutôt les forces progressistes kurdes des YPG qui ont infligé une défaite sanglante à l’Etat Islamique à Kobané et mis en place une organisation basée sur la démocratique directe et horizontale. Actuellement les kurdes, renforcés de leurs alliés progressistes arabes sunnites et chrétiens syriens, sont la seule force à combattre Daech sur le terrain, avec succès. Pourtant, certaines de ces organisations sont considérées comme terroristes par l’Union Européenne et les Etats Unis à la demande de la Turquie, dont les relations avec Daech sont bien troubles….Soutenons la lutte du peuple kurde et de ses alliés progressistes contre Daech, en la popularisant, et en la soutenant politiquement et financièrement.

Agissons, occupons la rue !

logo_2015-12-17_meeting-etat-d-urgence-bf892Contre l’état d’urgence et sa prolongation et pour la défense de nos libertés !
Contre les guerres impérialistes et pour un soutien aux forces progressistes kurdes !
Contre le racisme d’État et pour les solidarités !

MANIFESTATION SAMEDI 30 JANVIER

14H – PLACE ARNAUD BERNARD

Signataires : Alternative libertaire 31, C.G.A Toulouse, CNT-f 31, SUD Education 31, Solidaires Etudiants 31, Union Antifasciste Toulousaine

le tract est disponible en version pdf ici