Bilan de la mobilisation du 19

     Le 19 juin dernier nous nous sommes retrouvé.e.s à environ 150 personnes pour la manifestation antifasciste en hommage à Clément. Après plus d’une année au contexte particulièrement difficile et une manifestation n’ayant pu se tenir l’an dernier, il était urgent de reformer le front. C’est pourquoi, dépassant la simple manifestation unitaire, le samedi 19 était une journée de mobilisation avec, en plus de la manifestation le matin, des rencontres débat l’après midi et une projection d’Acta non verba, organisée par la Fédération Anarchiste le soir.

     La manifestation, de Compans à Jean Jaurès avec un petit crochet par Bayard, s’est déroulée sans encombre et, le temps de se réveiller, le cortège fût dynamique et ponctué de fumigènes. Expliquant les raisons de la manifestation aux passant.e.s, le texte d’appel venait appuyer nos slogans. Sur le trajet, nous avons aussi profité du passage devant le consulat d’Algérie pour nous arrêter et ré-affirmer notre soutien aux classes populaires en lutte contre le pouvoir.

De Toulouse à Alger la rue secoue les tyrans !

L’après midi nous nous sommes retrouvé.e.s à 80 dans la bourse du travail prêtée par l’UD1 CGT.

  • Nous avons pu y présenter l’état de l’extrême-droite (et quelques outils de lutte pour la contrer ) à Toulouse, mais aussi dans le Tarn et Garonne ainsi qu’à Lyon, grâce au passage de camarades de l’union antifasciste 82 et de la jeune garde Lyon. 
  • Ensuite, des camarades de Solidaires sont intervenu.e.s sur la question du racisme dans le monde du travail suivit d’exemples de lutte contre les discriminations racistes avec le cas des chibanis de la SNCF.
  • Après, ce fut au tour d’une camarade du N.P.A d’intervenir pour parler de la situation sous les mairies RN qui alterne entre inaction et racisme. Propos appuiyé par intervenant de VISA 34 qui nous a présenté la mobilisation à venir contre le congrès du RN à Perpignan.

Interventions que vous devriez bientôt pouvoir retrouver sur notre site.

Samedi 19 journée antifasciste !

Contre les violences d’extrême droite et 8 ans après le meurtre fasciste de Clément, Ni oubli, ni pardon !

Samedi 19 nous vous donnons rendez vous pour une journée antifasciste en deux temps : une Manifestation à 10h30 au départ du Métro Compans Caffarelli puis de 14h à 18h à la bourse du travail (place st Sernin) pour une série de discutions débats sur l’état des lieux de l’extrême droite, la situation dans les mairies RN, le racisme dans le monde du travail, et bien entendus sur les réponses que l’on peut collectivement apporter à ces problèmes.

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Le rappel des faits :

Le 5 juin 2013, l’extrême droite a tué notre camarade Clément Méric, militant de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et de Sud Étudiant. Le 5 juin 2013, Clément tombait sous les coups des membres de Troisième Voie, un groupuscule fasciste, rencontrés fortuitement dans un quartier commerçant du centre de Paris.

Qu’en est-t-il ?

En septembre 2018, Esteban Morillo et Samuel Dufour sont condamnés respectivement pour « coups mortels aggravés » à onze ans et sept ans de prison ferme, tandis qu’un troisième militant fasciste est acquitté. Esteban Morillo avait reconnu avoir porté les coups mortels et Dufour a été condamné pour port d’une « arme par destination ». Esteban Morillo et Samuel Dufour font appel. Le 7 novembre 2018, soit 55 jours après avoir été condamné, Esteban Morillo est remis en liberté sous contrôle judiciaire en attendant le procès en appel. La justice a comme d’habitude joué son rôle. Elle, si prompte à mettre en prison les gilets jaunes, les personnes racisées et les étranger.e.s laisse traîner des années cette affaire.

8 années ont passé et peu de choses ont changé. Entre la montée du discours du Rassemblement National (ex FN) qui devient un des seuls contre-discours « de large audience » contre Macron, la violence islamophobe quasi quotidienne et la banalisation des propos racistes dans les médias, nous ne pouvons que constater que les fascistes continuent de déverser leur haine et leur violence. L’État et les institutions continuent de se servir de ce discours pour servir leurs intérêts. La dernière loi portant sur les dits « séparatismes » en est la parfaite illustration. Interdiction du port du hijab pour les mères accompagnatrices, interdiction du burkini dans les piscines et espaces de baignade publics, interdiction de port de signes religieux pour les mineures dans l’espace public… autant d’offensives réactionnaires dans cette loi qui accuse et instrumentalise l’Islam, en instaurant toujours plus de restrictions, de contraintes et d’obligations pour les personnes musulmanes – notamment pour les femmes – faisant d’elles des ennemies de l’intérieur et allant à l’encontre des principes de liberté de conscience. L’ampleur est si forte qu’une campagne pour la dissolution de l’UNEF, pour avoir organisé en son sein des réunions non mixtes, a été mise en place. Alors que la violence raciste et islamophobe atteint son paroxysme, peu de voix s’y opposent publiquement.

Ces dernières années, cette forte offensive culturelle et médiatique prend de l’ampleur, banalisant l’extrême droite comme une réponse légitime à la crise économique, politique et sociale qui vient. La crise du capitalisme que nous traversons va laisser encore plus place à l’apparition et au développement de partis ouvertement fascistes et néonazis. Clément était un garçon qui croyait fermement en l’égalité et la justice sociale. Il détestait le racisme, l’homophobie, la violence d’Etat ; c’est un camarade qui avait décidé, suivant ses principes, de lutter contre le fascisme idéologiquement comme dans la rue. Et nous savons qu’il avait bien raison. On ne doit pas laisser la possibilité à l’extrême droite de s’implanter. Il n’y a pas de “liberté d’expression”, de “liberté de parole” pour ceux qui nient toutes ces libertés. Pas de tolérance pour l’intolérance.L’extrême droite, malgré sa banalisation, reste un poison qui amène la violence, comme il y a quelques années avec l’ancien militant RN qui avait fait un attentat contre la mosquée de Bayonne. Plus récemment, on a vu des groupuscules d’extrême droite qui n’ont pas hésité à attaquer la librairie de la plume noire il y a quelques semaines à Lyon, les intermittents dans le théâtre d’Orléans, et même l’action française a organisé l’envahissement du conseil régional d’Occitanie. On peut aussi parler de l’appel des militaires, diffusé par le journal d’extrême droite valeurs actuelles, qui bénéficie évidemment du soutien immédiat de Marine le Pen.

Deux choix de société s’offrent à nous aujourd’hui : celui de l’individualisme, de l’exploitation, de l’oppression, ou bien celui du partage, des solidarités, de l’égalité et de la liberté. Chaque jour, nous subissons les coups de ceux qui voudraient nous maintenir au sol. Alors redressons-nous et relevons la tête ! Plus que jamais, sur le terrain, dans les quartiers, dans les entreprises, sur nos lieux d’études, nous lutterons, sur le plan politique, sur le plan syndical, social et humain, contre les idées de l’extrême droite et de ses alliés.Rendons hommage à Clément, continuons le combat.

Seule la lutte paie.

Confédération Nationale du Travail 31, Collectif Populaire Contre l’Etrême Droite, Groupe Libertad de la Fédération Anarchiste, Nouveau Parti Anticapitaliste 31, Solidaire 31, Toulouse Anti-CRA, Union Antifasciste Toulousaine, Union des Étudiant.e.s de Toulouse

Retrouvez l’appel format PDF

Manifestation antifasciste le 5 juin

  Il y a 6 ans, Clément Méric mourait en plein cœur de Paris, assassiné par des militantEs néo-nazis. Pour beaucoup, cet événement fut un choc. Six ans plus tard, l’extrême droite et les idées réactionnaires qu’elle défend ont gagné en puissance en arrivant au pouvoir dans de nombreux pays.

En se présentant souvent comme « anti-système » et sur une ligne nationaliste, viriliste et xénophobe, les extrêmes droites ont réussi à progresser voir à s’imposer dans certains pays. Dernier exemple marquant avec le Brésil de Bolsonaro, mais aussi plus près d’ici, en Europe : en Autriche avec le chancelier Kurz, en Italie avec la Ligue de Salvini, en Hongrie avec Orban ou encore en Pologne où l’on voit se produire depuis quelques mois des marches néo-nazis. Le point commun entre ces gouvernements : la criminalisation d’une partie de la population, l’usage de la violence paramilitaire, la haine des valeurs progressistes.

En France, ce regain d’activité se fait ressentir de différentes manières : en ligne de fond et depuis 20 ans, la diffusion des idées, des termes de l’extrême-droite, sa prégnance dans le « débat public », dans les médias d’extrême-droite tout comme dans les médias dominants : l’immigration est une invasion, le féminisme un poison, les travailleur-ses et les pauvres des bons à rien.

Les gouvernements successifs ont un grand rôle dans la montée du FN RN, que cela soit dans les urnes ou dans la progression de leurs idées dans la société. Depuis Mitterrand ils utilisent le FN-RN comme un épouvantail servant à se légitimer. Une stratégie très dangereuse qui, si elle leur échappe, se répercutera encore plus durement sur les groupes opprimés.

Face à tout cela, nous devons nous regrouper, clamer notre solidarité avec ces populations qui subissent des régimes réactionnaires et faire entendre une autre voix, progressiste et internationaliste. L’antifascisme est bien souvent vu comme une référence idéologique historique, certainEs la considérant même comme dépassée. Nous affirmons tout le contraire. L’antifascisme c’est, hier, la résistance pendant la seconde guerre mondiale, l’Espagne anti-franquiste de 1936, et aujourd’hui le soutien aux mouvements de décolonisation ainsi que la lutte contre l’islamophobie et l’antisémisme.

   Nous serons présentEs tant qu’il le faudra, tant que les extrêmes droites seront un danger pour la société. Fermer les yeux ou négliger cette question aura pour tout le monde des conséquences désastreuses. L’histoire nous l’a appris : le fascisme devient un refuge pour les classes dominantes lorsque ces dernières sont de plus en plus contestées. Lorsque la population devient incontrôlable pour les gouvernements en place, la bourgeoisie peut faire le choix de se reposer sur le fascisme pour conserver ses intérêts. C’est pourquoi, à l’opposé, la révolutionsociale et l’antifascisme vont de pairs, il y a urgence à combattre l’extrême droite.

Pour toutes ces raisons, il nous paraît essentiel de nous atteler, dès aujourd’hui, à la construction de l’unité antifasciste sur des bases claires. Cet appel s’adresse donc à toutes les forces sociales : associations, syndicats, individuEs et/ou organisations qui se revendiquent de l’antifascisme et ne voient ni de perspectives dans le capitalisme, ni dans son prolongement : le fascisme.

 

CONTRE LE FASCISME NOTRE LUTTE EST INTERNATIONALE !
MERCREDI 5 JUIN / 18H30 / MÉTRO ST MICHEL

Signataires : Act-up, Alternative Libertaire-Toulouse, Attac, Collectif Anarcho-Communiste du Mirail, Communauté Démocratique Kurde de Toulouse, Confédération National du Travail 31, Coordination des Groupes Anarchistes Toulouse, Eunomia, Fédération Anarchiste – Groupe Libertad, Nouveau Parti Anticapitaliste 31, Solidaires 31, Syndicat local CGT Construction 31, Union des EtudiantEs de Toulouse, Jeunesse Antifasciste Toulouse et Environs, Union Antifasciste Toulousaine, Collectif Zad 31

Procès des meurtriers de Clément

Le 5 juin 2013, à Paris, Clément Méric, syndicaliste et militant antifasciste, mourait sous les coups de skinheads néo-nazis.

Du 4 au 14 septembre aura lieu à la Cour d’Assises de Paris le procès des agresseurs de Clément et de ses camarades présents à ses côtés ce jour là.

Qu’en attendons-nous ? Essentiellement que la vérité soit dite publiquement sur les circonstances de la mort de Clément Méric, que l’on cesse de renvoyer dos à dos agresseurs et agressés et que la dimension politique de ce crime soit clairement mise en évidence.

Parce que nous n’oublions pas que cette mort est politique et que l’extrême droite tue, différents rassemblements sont organisés à Paris

– Mardi 11 septembre, 18h30 au pont du Carrousel pour évoquer les victimes de l’extrême droite

– Vendredi 14 septembre, 18h30 pour une manifestation qui partira de la place de la République.

Nous partageons un texte du comité pour Clément que l’on peut lire ici

Et aussi le tract de l’AFA Paris Banlieue que l’on peut lire en cliquant ici

Un autre article, publié sur la Horde, fait le lien avec d’autres affaires notamment celle de Lille que l’on peut lire en cliquant ici

L’extrême droite tue, faisons son procès !