Vers un local unitaire, révolutionnaire et antifasciste à Toulouse !


Face aux attaques capitalistes et gouvernementales sans précédent que nous subissons actuellement, nous devons plus que jamais nous organiser de manière efficace. À Toulouse nous manquons cruellement d’un lieu de rassemblement antifasciste et libertaire. Sans un local, nous sommes souvent contraint de brider nos activités et notre visibilité locale.

C’est pour combler ce manque qu’Alternative libertaire, la Coordination des Groupes Anarchistes, la Confédération Nationale du Travail et l’Union Antifasciste Toulousaine ont décidé d’initier un projet de local commun. Nous voulons faire de ce local un outil au service des luttes, un espace ouvert de rencontre et de solidarité. Débats, soirées, projections, bibliothèques, permanences… en perspective. Bref, un lieu d’organisation pour la lutte sociale et la révolution.

Nous comptons ouvrir ce local pour la fin de l’année 2018. Nos finances n’étant pas celles des macronistes, nous avons besoin de votre participation financière pour rassembler la somme de départ nécessaire au lancement du projet. Nous lançons donc une campagne de financement participatif afin que les personnes qui luttent contre le fascisme, le capitalisme et toutes les oppressions puissent le soutenir et disposer d’un lieux pour se réunir, s’informer et s’organiser.

POUR QUE NOTRE UNION FASSE NOTRE FORCE, VIVEMENT UN LOCAL ROUGE, NOIR ET ANTIFASCISTE À TOULOUSE!

Vous trouverez ci-dessous le lien pour faire grossir la cagnotte :

http://www.lepotcommun.fr/pot/w9n5az5v

Il est préférable de faire le virement directement sur le compte bancaire suivant :
IBAN : FR66 3000 2040 3900 0011 7110 Z91
BIC : CRLYFRPP

Contact : toulouserevolution@riseup.net

Des royalistes à Toulouse


Logo_action_francaise

Depuis plusieurs mois vous avez peut être remarqué la présence d’une nouvelle organisation politique sur Toulouse. Elle distribue des tracts aux métros, colle des autocollants et a fait parler d’elle sur Côté Toulouse. Il s’agit de l’Action Française.

Son apparition peut sembler inoffensive : ses tracts sont contre l’Union Européenne, ses affiches appellent à consommer local et elle refuse l’idée d’appartenir à l’extrême droite. Mais il ne faut pas oublier qui est réellement ce groupe.

Tout d’abord l’Action Française est un groupe royaliste. Oui, vous avez bien lu, illes sont pour remettre en place un roi avec un système féodal. Il faut dire que c’est aussi le plus vieux groupe d’extrême-droite de France. Sa création remonte à 1898 dans une optique antidreyfusarde, donc fortement antisémite. C’est avec l’arrivée du théoricien Charles Mauras que se développe plus profondément l’idéologie de l’Action Française, que certains historiens voient comme une des origines du fascisme de Mussolini en Italie. Même l’Église finit par être choquée par les idéaux politiques du groupe et le condamne en 1926, entraînant le départ d’une bonne partie des catholiques. Malgré ce coup porté par l’Église, il est toujours suffisamment nuisible pour participer à la tentative de coup d’état orchestrée par les ligues nationalistes en 1934.

Certes, tout cela est daté. De nos jours, l’Action Française profite de la perte de vitesse des identitaires et d’autres groupes d’extrême-droite pour se présenter comme le nouveau lieu de convergence de toute la pensée xénophobe, anti-humaniste et réactionnaire.  Le résultat est que lorsqu’illes s’implantent dans une ville, illes permettent à l’extrême-droite de se retrouver et de reprendre confiance. À Toulouse, ville qui leur est traditionnellement hostile, cela serait une sacrée défaite. Si certaines personnes n’y voient qu’une bataille d’idée qu’il faut gagner à coups d’arguments, les actualités nous prouvent que leur impact est concret. L’extrême-droite représente un danger physique pour toutes les populations qui ne rentrent pas dans leur vision étriquée de la société. À Marseille, où l’Action Française possède un local, l’un des leurs a été interpellé par la section anti-terroriste car il se préparait à tuer des immigré.e.s. Dans le reste de la France, les multiples attaques de facs par l’extrême-droite nous rappelle aussi que ces gens sont un danger pour nos luttes au quotidien.

Alors ne laissons pas l’extrême droite répandre ses idées nauséabondes, confisquons lui ses tracts, arrachons ses autocollants et fermons les lieux où elle s’organise !

L’extrême-droite et la bataille de Toulouse


La volonté de faire de l’Histoire un roman national glorifiant la France est quelque chose de récurrent chez les nationalistes. Les groupes fascistes tels le bloc identitaire ne sont pas de reste et commémorent depuis longtemps la bataille de Poitiers qui eut lieu en 732. Sur Toulouse ils ont tentés à plusieurs reprises de faire de même avec une bataille plus locale, celle de 721 où le duc Eudes d’Aquitaine repoussa un raid sarrasin. Mais cette année c’est au tour du Parti Nationaliste Français de faire une conférence sur ce sujet. L’objectif de ces groupes est de trouver des exemples à leur prétendu choc des civilisations. Cette bataille devrait être le symbole de la résistance locale à l’islamisation. Ainsi lorsqu’ils pensent à la Toulouse résistante ils ne pensent pas aux FTP MOI (Francs-tireurs et Partisans – Mains-d’œuvre Immigrée) et Mendel (Marcel) Langer mort en 1943 guillotiné par Vichy mais à une guerre entre grands seigneurs qui eu lieu il y a pratiquement 1300 ans. Le raisonnement étant : « regardez  : des chrétiens et des musulmans se sont fait la guerre en France, c’est bien la preuve que l’on ne peut pas vivre ensemble. » Avec un raisonnement pareil on se demande ce qu’ils doivent penser des allemands… Et vont-ils prôner de bouter les anglais hors de France au prétexte de la guerre de 100 ans ?

Mais revenons quand même sur cette événement pour voir si l’on ne peut pas l’interpréter différemment. Tout d’abord du côté « chrétien » Eudes et Charles Martel ne sont pas alliés. Ils se sont déjà fait la guerre et Eudes a perdu en 719. Charles est donc satisfait de voir son voisin, qu’il entend soumettre, en guerre contre les sarrasins. Ainsi il ne l’aide pas lorsque ceux-ci, après avoir pris Narbonne, marchent sur Toulouse. La victoire du duc d’Aquitaine est sans doute une décevante surprise pour Martel. Du côté « musulman » il n’y a pas plus d’unité, les troupes berbères ralliées par les sarrasins et qui ont participé à la conquête de la péninsule Ibérique se sentent lésées par la répartition des gains. Un de leurs leaders qui est établie dans les Pyrénées orientales, Munuza, s’allie alors avec Eudes. Un mariage entre la fille du duc d’Aquitaine et le chef rebelle est célébré en 729. En 731 l’émir de Cordoue prépare une expédition vers le nord. Il en profite pour mater la rébellion des berbères et tuer Munuza. Au même moment Martel attaque Eudes et prend la ville de Bourges mais n’arrive pas à la garder. En 732 les sarrasins sont prêts et lancent leur expédition. Le duc d’Aquitaine subit une sévère défaite à Bordeaux. Martel, lui, laisse les Sarrasins piller le sud et ne réagit que lorsque ceux-ci remontent suffisamment pour menacer son autorité. Après avoir vaincu les sarrasins Charles Martel permet à Eudes de reprendre sa place en Aquitaine mais du coup Eudes perd son indépendance.

Cette description de la situation est bien entendue extrêmement simplifiée, mais déjà moins que la version « chrétiens Vs musulmans ». Plus on creuse et plus on ne peut que s’apercevoir que ces guerres ne sont que des conflits d’intérêts entre des puissants pour le contrôle de la population qui est vue comme une ressource. L’autre chose à retenir c’est que commémorer Charles Martel et Eudes d’Aquitaine ensemble est une aberration. Au final Charles Martel est avant tout le symbole d’une autorité centralisée écrasant les autonomies locales, comme en témoigne l’Histoire de Béziers qu’il a fait incendier.

 

Pour plus d’informations il y a le livre Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire, de William Blanc et Christophe Naudin édité par libertalia.