Des royalistes à Toulouse


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Depuis plusieurs mois vous avez peut être remarqué la présence d’une nouvelle organisation politique sur Toulouse. Elle distribue des tracts aux métros, colle des autocollants et a fait parler d’elle sur Côté Toulouse. Il s’agit de l’Action Française.

Son apparition peut sembler inoffensive : ses tracts sont contre l’Union Européenne, ses affiches appellent à consommer local et elle refuse l’idée d’appartenir à l’extrême droite. Mais il ne faut pas oublier qui est réellement ce groupe.

Tout d’abord l’Action Française est un groupe royaliste. Oui, vous avez bien lu, illes sont pour remettre en place un roi avec un système féodal. Il faut dire que c’est aussi le plus vieux groupe d’extrême-droite de France. Sa création remonte à 1898 dans une optique antidreyfusarde, donc fortement antisémite. C’est avec l’arrivée du théoricien Charles Mauras que se développe plus profondément l’idéologie de l’Action Française, que certains historiens voient comme une des origines du fascisme de Mussolini en Italie. Même l’Église finit par être choquée par les idéaux politiques du groupe et le condamne en 1926, entraînant le départ d’une bonne partie des catholiques. Malgré ce coup porté par l’Église, il est toujours suffisamment nuisible pour participer à la tentative de coup d’état orchestrée par les ligues nationalistes en 1934.

Certes, tout cela est daté. De nos jours, l’Action Française profite de la perte de vitesse des identitaires et d’autres groupes d’extrême-droite pour se présenter comme le nouveau lieu de convergence de toute la pensée xénophobe, anti-humaniste et réactionnaire.  Le résultat est que lorsqu’illes s’implantent dans une ville, illes permettent à l’extrême-droite de se retrouver et de reprendre confiance. À Toulouse, ville qui leur est traditionnellement hostile, cela serait une sacrée défaite. Si certaines personnes n’y voient qu’une bataille d’idée qu’il faut gagner à coups d’arguments, les actualités nous prouvent que leur impact est concret. L’extrême-droite représente un danger physique pour toutes les populations qui ne rentrent pas dans leur vision étriquée de la société. À Marseille, où l’Action Française possède un local, l’un des leurs a été interpellé par la section anti-terroriste car il se préparait à tuer des immigré.e.s. Dans le reste de la France, les multiples attaques de facs par l’extrême-droite nous rappelle aussi que ces gens sont un danger pour nos luttes au quotidien.

Alors ne laissons pas l’extrême droite répandre ses idées nauséabondes, confisquons lui ses tracts, arrachons ses autocollants et fermons les lieux où elle s’organise !

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Cortège révolutionnaire – 1er mai 2018


Le 1er Mai, toutes et tous dans la rue pour une riposte sociale !

Les attaques contre les travailleuses et travailleurs se multiplient à un rythme effréné. En moins d’un an, ce sont tous les secteurs d’activité qui ont subi de violentes réformes : le rail, l’éducation, la santé, la poste, les communications, l’énergie… Sans oublier les suppressions d’emplois dans le privé pour assouvir la voracité des actionnaires et sous couvert de chantage à l’emploi.

Les chômeuses et chômeurs vont également devoir endurer une réforme qui va encore plus les marginaliser et les rendre responsables de leur situation. Le chômage de masse est pourtant l’un des résultats directs de l’application des politiques libérales menées depuis 50 ans.

Les étrangères et étrangers, avec ou sans papiers, en plus d’avoir quitté leur pays, payent le prix fort de leur condition avec la réforme du droit d’asile, la perpétuation du racisme d’État et l’impunité dont jouissent les fascistes. Alors même qu’ielles fuient souvent les guerres que nos gouvernements font ou laissent faire.

Les personnes victimes de l’oppression patriarcale souffrent toujours d’agressions sexistes et LGBTQI-phobes. Ce système hétéro-normatif et cis-genré opprime celleux qui revendiquent ou non leurs différences par rapport à la norme de ceux qui ont le pouvoir.

Les militantes et militants politiques et syndicaux de gauche continuent de faire l’objet d’une répression féroce de la part de la police et des institutions judiciaires.

Cela démontre encore la dérive de plus en plus autoritaire de l’État. Dernière en date pour preuve, le licenciement du délégué départemental de Sud PTT 92.

On l’observe aussi dans la constitutionalisation de l’état d’urgence, véritable légitimation d’un mode de gouvernement par la peur !

Sous prétexte d’anti-terrorisme, il a servi et sert encore et surtout à faire taire le camp des progressistes et des révolutionnaires.
Face à toutes les violences de l’État et de ses institutions, la réponse réformiste est un échec dont il faut prendre conscience, sous peine de laisser la voie libre aux fascistes et autoritaires.

C’est déjà ce que l’on peut constater en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France. Très récemment, des fascistes ont attaqué des militant.e.s étudiant.e.s à la fac de droit de Montpellier et, depuis déjà des années, le lycée autogéré de Paris est victime de harcèlement de la part de militants du GUD.

Nous ne pouvons pas continuer à nous voiler la face et penser que seul un populisme de gauche peut répondre au populisme de droite ou que seule la réforme de gauche peut répondre à la réforme de droite. L’histoire des expériences révoltionnaires et l’état actuel du mouvement social en France et dans le monde confirment la défaite des stratégies réformistes face au capitalisme.

Unissons-nous, travailleurs et travailleuses, chômeuses et chômeurs, précaires, opprimé·e·s de genre, de race, sur des bases égalitaires et autogestionnaires !

Construisons dès maintenant la riposte à ce capitalisme et cet État qui tue, emprisonne, oppresse et détruit les personnes et l’environnement !

Ripostons par l’organisation et la solidarité de, par et pour toutes et tous ! Dans nos lieux de vie et de lutte, au travail et dans la rue !

Contre le patriarcat, le fascisme, le capitalisme, l’État et ses institutions, révolution sociale !

Tous et toutes ensemble dans le cortège révolutionnaire !

 

Organisateurs : Union Antifasciste Toulousaine (UAT), Coordination des groupes Anarchistes – Toulouse (CGA), Alternative Libertaire – Toulouse (AL), Confédération Nationale du Travail 31 (CNT 31)

Impunité fasciste à Lyon : local de la CNT attaqué!


Dans la nuit du 30 au 31 mars dernier, le local de la Confédération Nationale du Travail de Lyon a été pris pour cible par un groupe de fachos du PNF. Ils ont brisé les vitres, tenté de forcer le rideau et ont voler du matériel militant. Pas de blessé du côté des camarades syndicalistes.

Il s’agit de la quatrième attaques qui vise les locaux militants en moins de 3 ans après celles de la Plume Noire (Librairie libertaire et local de la Coordination des Groupes Anarchistes), du local du Parti Communiste Français et de Radio Canut (radio libre et militante d’extrême gauche).

Mais le contexte local particulier de Lyon fait malheureusement écho à une montée en puissance des groupuscules fascistes partout en France comme peut en témoigner les attaques subies à Strasbourg, Paris, Lille et Montpellier.

On voit clairement que pour l’actuel ministre de l’intérieur et ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, les fascistes ne posent aucuns problèmes vu la complaisance dont il fait preuve à l’égard de ces derniers.

Plus d’informations sur le site de la Horde en cliquant ici

Contre le fascisme et ses idées, organisons la solidarité avec les victimes et la riposte radicale !

 

Solidarité avec les luttes en cours


Depuis 2 semaines nous avons pu voir comment les fafs et la police traitent les étudiants et les lycéens, que ce soit tout d’abord Montpellier, Strasbourg, Nantes, Bordeaux , le lycée autogéré de Paris et dernièrement l’attaque contre le local de nos camarades cénétistes à Lyon.

L’union antifasciste toulousaine veut tout d’abord apporter son soutien aux victimes des violences d’extrême droite et de la repression policière et il va sans dire que nous condamnons fermement ces actions dignes des plus basses façons de procéder comme il est coutume à l’extrême droite.

Nous condamnons également les violences policières qui sous couvert de maintenir l’ordre passe à tabac les étudiants et ne l’oublions pas les manifestants qui se battent pour une société meilleure et conserver leurs acquis sociaux.

Nous soutenons nos camarades syndicalistes qui ont vu leur local attaqué par l’extrême droite à Lyon. Lyon dont l’ancien maire qui n’a jamais rien fait pour éradiquer la peste brune se retrouve aujourd’hui chef de la police, il va sans dire que les coupables ne sont pas prêts de répondre de leurs actes.

Nous apportons également notre soutien aux étudiants qui bloquent la fac du Mirail à Toulouse et nous tenons à leurs faire savoir que nous seront présents si jamais ils devaient subir quelconques agressions d’ou qu’elles viennent.Nous resterons soudés face à l’oppression et au fascisme.

 

Contre les fachos et leurs alliés, solidarité avec Montpellier !


Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mars, des étudiants et étudiantes réuni-e-s dans un amphithéâtre de la fac de droit de Montpellier ont été attaqué-e-s par un groupe de fascistes, se revendiquant du GUD, cagoulés et armés de bâtons et de tasers. Cette expédition punitive aurait été rendue possible avec l’aide du doyen de la fac de droit. Il les auraient laissé entrer sur le campus et les auraient protégé après leur attaque dans les locaux administratifs. Il affirme même ouvertement sa sympathie et son soutien aux fascistes durant une interview. Voilà encore une preuve, si cela était nécessaire, de la collusion et de la complaisance de l’État et de ses institutions envers les méthodes et groupes fascistes partout en France. Encore une fois l’extrême droite sert de briseuse de grève et défend les institutions.

N’attendons rien du pouvoir, organisons la risposte anti-fasciste dans la rue et dans les luttes.
Solidarité et soutien avec les victimes des fachos.
Flics, fascistes, hors de nos facs !

Suite a cette nouvelle, des toulousains et toulousaines ont appelé à un rassemblement de solidarité. Devant le succès de l’opération le rassemblement est parti en manifestation sauvage et a rassemblé environ 300 personnes. La manifestation a suivi le boulevard puis a tenté de rejoindre la gare pour montrer que l’attaque contre nos camarades de Montpellier est bien une attaque contre tout le mouvement social qui se met en place. Malheureusement, la gare ne fut pas atteinte mais la manifestation fut une belle réussite.

Rooster and beer : refuge pour les fachos ?


Le Rooster and beer nous a contacté. Ils ont mis fin aux réunions de l’Action française. Nous resterons vigilant à toute reprise d’activité de l’extreme droite dans ce bar

Le Rooster and beer est un bar à bières situé 100 rue riquet à Toulouse. Il s’est ouvert récemment et s’est fait connaitre par son récent copinage avec l’extrême-droite locale : la section « Occitanie » de l’Action française et le CSIT (Cercle Souveraineté et Identité de Toulouse) s’y retrouvent toutes les semaines.

On a trouvé plus d’information en cliquant ici

Le C-Star ou l’histoire de la débâcle la plus rapide de l’extrême-droite


En mai 2017, un petit groupe d’activistes identitaires se met en tête d’arrêter à lui seul la crise migratoire ! Comment ? En allant chercher les preuves d’une hypothétique collusion entre ONGs et passeurs. En réalité, l’objectif est simple : créer le buzz et se faire passer pour une expédition héroïque, sous les auspices de Charles Martel, en utilisant le fric de la bourgeoisie d’extrême-droite dont les membres de l’expédition sont issus. Leur moyen : un bateau, le C-Star, qui va connaître de nombreux problèmes. Leur cible? Le pavillon des ONGs SOS Méditerranée et Savethechildren qui viennent secourir des migrant.e.s échoué.e.s en mer.

Une mobilisation s’est alors organisée, sur les deux rives, pour contre-communiquer sur leurs agissements et, surtout, les empêcher de naviguer en toute tranquillité. De port en port, le C-Star n’est jamais le bienvenu. Alerte en Egypte, blocage à Chypre, action antifasciste en Crète où le C-Star va, pour la première fois, renoncer à faire escale le 31 juillet, avant de connaître le même sort en Tunisie le 6 août, grâce à la mobilisation des pêcheurs.euses du port de Zarzis, entre autres : « Nous, laisser entrer des racistes ici ? Jamais ».

La croisière des identitaires prend l’eau et se transforme progressivement en errance en mer, à la risée de tou.te.s, avec son projet inhumain et puant que presque personne ne soutient. Fin du voyage à Malte pour l’équipage identitaire, puis à Barcelone pour le bateau. L’opération Defend Europe est ridiculisée.

Suite à cette belle victoire des deux rives, nous vous proposons de venir débattre de la stratégie des identitaires et de la contre-campagne antifasciste internationale, avec quelques un.e.s de ses organisateurs.trices.

RDV le Mercredi 01 Novembre 2017 à la Chapelle à 15 h !

La tragédie du miel amer, par le collectif autonoMie


Nous relayons cette production locale, réalisée par le collectif autonoMie, sur le racisme d’état auquel sont confrontés les mineurs isolés étrangers par le biai du DDAEOMIE, dispositif discriminatoire destiné aux jeunes étrangers mis en place pour les exclure du dispositif d’aide sociale à l’enfance.

Le collectif AutonoMIE est heureux de vous présenter son film « La tragédie du miel amer ».

Treize jeunes y témoignent du système de discrimination organisé par le département pour écarter les migrant-es d’Afrique subsaharienne du dispositif d’aide sociale à l’enfance. Leurs propos sont accablants pour le Conseil Départemental et la structure privée à laquelle il a délégué la gestion raciste de ces flux migratoires : le DDAEOMIE.

SAAMENA à Marseille, SAEMIE à Bordeaux et à Pau, MMIE à Rennes, DEMIE à
Paris, PEMIE en Seine-Saint-Denis… Les dispositifs d’exception se multiplient et se ressemblent. Créés par les départements dans la foulée de la circulaire Taubira en 2016, ces centres où aucun-e français-e ne rentre n’ont qu’une raison d’être : faire des mineur-es isolé-es étranger-es – protégé-es par la Convention internationale des droits de l’enfant – des sans-papiers comme les autres. Et réserver l’Aide Sociale à l’Enfance aux nationaux… ou aux plus blanc-hes des étranger-es.

A Toulouse, ce racisme d’État prend la forme d’une interminable garde à vue dans les locaux du DDAEOMIE (Dispositif Départemental d’Accueil, d’Évaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers, ouvert depuis le 4 juillet 2016), où des éducateur-ices qui n’en ont que le nom font subir jusqu’à dix interrogatoires à charge à celles et ceux dont le seul crime est d’avoir survécu à l’enfer migratoire. Enfermé-es, les jeunes parlent de « libération » quand, au bout d’une dizaine de jours, ils et elles sont mis-es à la rue, allégé-es de leurs documents d’identité, avec une « suspicion de majorité » entraînant un classement sans suite.

Le parquet de la Haute Garonne n’hésite pas à poursuivre les jeunes qui contestent cette décision auprès de la juge des enfants – et qui gagnent. Accusé-es d’ « escroquerie à l’aide sociale à l’enfance », il n’est plus rare de les voir partir à la maison d’arrêt de Seysses exécuter de courtes peines en forme d’avertissements lancés à celles et ceux qui, dehors, trouvent encore le courage de se battre au sein du collectif AutonoMIE.

Les jeunes ressortissant-es d’Afrique subsaharienne et francophone se retrouvent en première ligne de la guerre aux migrant-es à laquelle se livre le département de la Haute Garonne. En réponse, la solidarité est notre seule arme.

Pour que celles et ceux que l’on pille là-bas ne soient plus mis-es à la rue ici ;

Pour que le Conseil Départemental de la Haute Garonne cesse de confondre protection de l’enfance et gestion des flux migratoires ;

Pour que le DDAEOMIE ferme ses portes et que rien ne le remplace ;

Pour la solidarité avec les victimes du racisme d’État ;

Contre la négrophobie, contre le néocolonialisme, contre la Françafrique ;

Contre les lois d’exception ;

Contre toutes les prisons (DDAEOMIE, CRA, Maisons d’Arrêt…) ;

 

Communiqué du collectif d’habitant.e.s de la tour Grenfell


Le 14 juin 2017, un incendie se déclenche dans la tour Grenfell, un immeuble de logements sociaux de 24 étages situé dans une zone aisée de l’ouest de Londres. Le bilan est terrible pour les habitant.es : 79 d’entre eux.elles meurent et 74 sont blessé.es.

« Mais lorsque la société met des centaines de prolétaires dans une situation telle qu’ils sont nécessairement exposés à une mort prématurée et anormale, à une mort aussi violente que la mort par l’épée ou par balle; lorsqu’elle ôte à des milliers d’êtres les moyens d’existence indispensables, leur imposant d’autres conditions de vie, telles qu’il leur est impossible de subsister, lorsqu’elle les contraint par le bras puissant de la loi, à demeurer dans cette situation jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui en est la conséquence inévitable; lorsqu’elle sait, lorsqu’elle ne sait que trop, que ces milliers d’êtres seront victimes de ces conditions d’existence, et que cependant elle les laisse subsister, alors c’est bien un meurtre, tout pareil à celui commis par un individu, si ce n’est qu’il est ici plus dissimulé, plus perfide. » Extrait de l’ouvrage de Friedrich Engels « La situation de la classe laborieuse en Angleterre » publié en 1844 (1)

Environ 170 ans plus tard, l’Angleterre reste un pays qui tue ses pauvres. Lorsque 4 gouvernements différents sont avertis que Grenfell et d’autres grandes tours ont de sérieux risques d’incendie, alors un enfer n’est pas malheureux. Il est inévitable. Ce qu’il s’est passé n’est pas une « terrible tragédie » ou une autre banalité, c’était un meurtre social.

Nous vous proposons un article issu du blog d’un groupe d’action d’habitant.e.s de la tour Grenfell et traduit par nos soins :

https://grenfellactiongroup.wordpress.com/

https://grenfellactiongroup.wordpress.com/2017/06/19/grenfell-tower-the-kctmoculture-of-negligence/

Ceux.celles qui ont perdu leur vie dans cette catastrophe étaient nos amis, nos voisins. Nous avons essayé de parler pour eux quand ils.elles vivaient et nous continueront à parler pour eux maintenant. Nous partageons la souffrance des sans logement, des blessé.es, des endeuillé.es à qui nous offrons nos sincères sympathies, condoléances et solidarités. Nous partageons aussi le sentiment de rage et d’injustice qui a touché cette communauté depuis des années. C’est pourquoi nous avons commencé ce blog et c’est pourquoi nous continuerons comme nous avons commencé, en disant la vérité au pouvoir, qu’il choisisse de nous écouter ou non.

Même les chiens dans la rue savent que le revêtement extérieur inflammable de la tour de Grenfell a joué un rôle majeur dans la propagation et l’accélération de ce qui a commencé comme un incendie dans une seule habitation et qui est devenu, en moins d’une heure, un véritable enfer : l’intégralité de l’intérieur de cet immeuble de 24 étages a brûlé. Il nous incombe aussi d’affirmer fermement que le revêtement en question n’a pas été utilisé pour le bien-être des résidents de la tour Grenfell mais parce que les Conseils de Kensington et Chelsea ont redéveloppé les alentours en construisant une autre de leurs « prestigieuses » écoles d’excellence juste à côté de la Tour Grenfell et un nouveau centre sportif et de loisir. Le revêtement de la tour Grenfell a été fait pour enjoliver, pour ne pas gâcher l’image de la gentrification rampante que le conseil a l’intention de créer, ici et partout dans le reste du nord de Kensington.
Selon un article publié le 14 Juin dans le Guardian, des ministres du gouvernement ont été prévenus à de nombreuses reprises que les violations des normes de sécurité incendie sont fréquentes au Royaume-Uni et que l’utilisation de revêtement dans les tours HLM est dangereux. Le gouvernement a ignoré le conseil de ces experts en incendie. Dans les années 90, le Home Office (https://en.wikipedia.org/wiki/Home_Office) a reçu un rapport accablant de l’architecte Sam Webb suite à son enquête réalisée sur des centaines de grands immeubles résidentiels. L’étude a montré que la moitié des bâtiments inspectés ne respectait pas les règles de base en matière de sécurité incendie. Webb a décrit l’état des tours britanniques comme « un désastre en attente ».
https://www.theguardian.com/uk-news/2017/jun/14/disaster-waiting-to-happen-fire-expert-slams-uk-towerblocks
Le feu de la Lakanal House à Southwark en 2009 (NDT : à Londres) a par la suite prouvé qu’il avait raison. Six personnes, dont 3 enfants sont mort.es quand un incendie dans la tour dans laquelle ils.elles vivaient s’est propagé du 9ème étage au 10ème et au 11ème étage de l’immeuble via le revêtement inflammable qui avait été fixé à l’extérieur du bâtiment. Le conseil de Southwark a part la suite plaidé coupable pour 4 infractions à la réglementation sur les incendies. Le député travailliste Harriet Harman, dont la circonscription comprend Lakanal House, a affirmé que ceux.celles qui avaient survécu étaient ceux.celles qui avaient ignoré les instructions des pompiers de « ne pas bouger » et qui ont fui l’immeuble par l’escalier de secours. Ceux.celles qui sont mort.es sont ceux.celles qui ont obéi aux instructions de rester dans leur maison. Le conseil de « ne pas bouger » aurait été correct s’il n’y avait pas eu cette obsession récente pour le revêtement des grandes tours et en particulier l’utilisation de revêtement peu cher et inflammable qui rend superflu le conseil standard de sécurité incendie et qui est responsable de la propagation rapide et incontrôlable du feu, d’étage en étage, lors des incendies à Lakanal House et à la tour Grenfell.
L’enquête de Lakanal est parvenu à de nombreuses conclusions et recommandations dont celles-ci :
• « L’enquête a révélé que les locataires manquaient de connaissance sur les procédures en cas d’incendie dans une tour. La juge Frances Kirkham recommande aux propriétaires d’améliorer la sensibilisation des locataires à la sécurité incendie et les encourage à rénover les extincteurs automatiques à eau. Elle recommande aussi au gouvernement de publier des conseils pour clarifier quand il devait être dit aux locataires de partir de l’immeuble et quand on devait leur dire de rester.
• Une partie de la raison pour laquelle l’incendie à Lakanal House s’est répandu rapidement était à cause d’une faille dans les mesures de sécurité incendie à l’intérieur des appartements. L’expert David Walker a suggéré aux propriétaires de voir un échantillon de 10 % des appartements à l’intérieur d’un immeuble lorsqu’ils effectuent des évaluations de risque d’incendie.
• Les panneaux extérieurs de Lakanal House, mis en place lors d’une rénovation en 2006-2007, n’étaient pas résistants au feu et ont permis à l’incendie de se propager en moins de 5 minutes de l’appartemement où l’incendie a commencé à l’appartement supérieur, où Catherine Hickman est morte.
Le jury a conclu que le Conseil de Southwark, ses prestataires et sous-traitants sont coupables de « graves manquements» à cause de ces panneaux car s’ils avaient été résistants au feu, ils auraient empêché l’incendie de se répandre si rapidement. » Il y a eu depuis de nombreux incendies de grande ampleur dans des tours dans lesquels la présence de revêtement a joué un rôle clef, notamment à Dubai en février 2015 où un incendie a eu lieu dans le gratte-ciel « Torch » de 79 étages, un des plus haut immeubles résidentiels du monde, et à l’« Address Hotel », une tour de 63 étages où il y a eu un incendie similaire pendant le réveillon du Nouvel An. Dans les 2 cas, le revêtement extérieur était impliqué dans la propagation extrêmement rapide du feu à l’extérieur des 2 bâtiments. Il y a eu 1 mort et 14 blessé.es dans l’incendie « Address » et aucune victime dans le gratte-ciel « Torch ». Il semble que les riches de Dubai sont bien plus sécurisés dans leur gratte-ciel luxueux que les pauvres de Kensington dans la tour Grenfell de 28 étages.
Les risques d’incendie des revêtements pour les tours résidentielles étaient connus depuis des années. Le Gouvernement a traîné des pieds après l’incendie de Lakanal, malgré les recommandations du juge présidant l’enquête et malgré un rapport que le Gouvernement a demandé en 2013 qui recommandaient un examen urgent des politiques de sécurité incendie pour les grands immeubles. Nous pensons que les dangers du revêtement devaient être connus du Conseil et de l’équipe technique du TMO (2) impliqué dans la planification des « travaux d’amélioration » de la tour Grenfell, de l’entrepreneur Rydon et des sous-traitants qui ont effectué les travaux et semblent avoir opté pour un revêtement peu cher et hautement inflammable.
Inutile de préciser qu’aucune de ces informations à propos des risques d’incendie connus associés à l’utilisation du revêtement n’a été communiqué aux habitants de la Tour Grenfell. Evidemment il y a bien plus dans cette polémique que ce que les médias ont présenté pour l’instant et nous avons des preuves que nous allons vous présenter ici qui renforcent fortement la conviction largement répandue localement qu’il y a une culture de complaisance, d’indifférence et de négligence depuis des années au KCTMO (3) et avec laquelle le RBKC (4) est complice et aussi négligent.
NDT : L’historique complet des problèmes de la tour et du conflit locataires / bailleurs est à retrouver sur l’article orginial :                                                              https://grenfellactiongroup.wordpress.com/2017/06/19/grenfell-tower-the-kctmo-culture-ofnegligence/

Quand nous avons commencé à écrire cet article, nous avions espéré garder le rythme des dépêches d’actualité c’était un effort futile comme l’histoire s’est répandue et développée à un tel rythme que nous ne pouvions pas suivre. Néanmoins l’opinion que nous avons exprimé si fortement à propos du rôle du revêtement tient toujours et nous sommes confiant que cela restera une partie cruciale du compte rendu final de la catastrophe de la Tour de Grenfell. Nous avions un autre objectif en tête en écrivant cet article. C’était de chroniquer l’histoire de complaisance, de négligence et d’incompétence qui a défini le RBKC et le KCTMO aussi loin que l’on puisse se souvenir. Nous avions assez de preuves en notre possession pour nourrir cet argumentaire et nous pensons qu’il était d’une importance vitale de commencer à les écrire dans l’espoir que ceux.celles chargé.es d’enquêter sur les causes de l’incendie de la Tour Grenfell seraient forcé.es d’enquêter sur cette histoire et seraient incapables de l’ignorer ou de l’enterrer.
Le court article de blog que nous avons posté la nuit de l’incendie, à notre énorme surprise, a été cité et utilisé comme source par un grand nombre de journalistes. Nous comptons désormais sur ces mêmes journalistes pour qu’ils.elles publient les années de négligence du TMO et du RBKC que vous avons écrits aujourd’hui. Nous sommes convaincus qu’il y a encore beaucoup plus de preuves de ce genre qui attendent d’être découvertes.

(1) https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_5.htm
(2) « Tenant Management Organisation », organisation de gestion des locataires,
https://en.wikipedia.org/wiki/Tenant_management_organisation
(3) Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation, principale TMO du Royaume-Uni, gère des bâtiments couvrant 10 000 logements
(4) Royal Borough of Kensington and Chelsea, autorité local gérant ce district

L’extrême-droite et la bataille de Toulouse


La volonté de faire de l’Histoire un roman national glorifiant la France est quelque chose de récurrent chez les nationalistes. Les groupes fascistes tels le bloc identitaire ne sont pas de reste et commémorent depuis longtemps la bataille de Poitiers qui eut lieu en 732. Sur Toulouse ils ont tentés à plusieurs reprises de faire de même avec une bataille plus locale, celle de 721 où le duc Eudes d’Aquitaine repoussa un raid sarrasin. Mais cette année c’est au tour du Parti Nationaliste Français de faire une conférence sur ce sujet. L’objectif de ces groupes est de trouver des exemples à leur prétendu choc des civilisations. Cette bataille devrait être le symbole de la résistance locale à l’islamisation. Ainsi lorsqu’ils pensent à la Toulouse résistante ils ne pensent pas aux FTP MOI (Francs-tireurs et Partisans – Mains-d’œuvre Immigrée) et Mendel (Marcel) Langer mort en 1943 guillotiné par Vichy mais à une guerre entre grands seigneurs qui eu lieu il y a pratiquement 1300 ans. Le raisonnement étant : « regardez  : des chrétiens et des musulmans se sont fait la guerre en France, c’est bien la preuve que l’on ne peut pas vivre ensemble. » Avec un raisonnement pareil on se demande ce qu’ils doivent penser des allemands… Et vont-ils prôner de bouter les anglais hors de France au prétexte de la guerre de 100 ans ?

Mais revenons quand même sur cette événement pour voir si l’on ne peut pas l’interpréter différemment. Tout d’abord du côté « chrétien » Eudes et Charles Martel ne sont pas alliés. Ils se sont déjà fait la guerre et Eudes a perdu en 719. Charles est donc satisfait de voir son voisin, qu’il entend soumettre, en guerre contre les sarrasins. Ainsi il ne l’aide pas lorsque ceux-ci, après avoir pris Narbonne, marchent sur Toulouse. La victoire du duc d’Aquitaine est sans doute une décevante surprise pour Martel. Du côté « musulman » il n’y a pas plus d’unité, les troupes berbères ralliées par les sarrasins et qui ont participé à la conquête de la péninsule Ibérique se sentent lésées par la répartition des gains. Un de leurs leaders qui est établie dans les Pyrénées orientales, Munuza, s’allie alors avec Eudes. Un mariage entre la fille du duc d’Aquitaine et le chef rebelle est célébré en 729. En 731 l’émir de Cordoue prépare une expédition vers le nord. Il en profite pour mater la rébellion des berbères et tuer Munuza. Au même moment Martel attaque Eudes et prend la ville de Bourges mais n’arrive pas à la garder. En 732 les sarrasins sont prêts et lancent leur expédition. Le duc d’Aquitaine subit une sévère défaite à Bordeaux. Martel, lui, laisse les Sarrasins piller le sud et ne réagit que lorsque ceux-ci remontent suffisamment pour menacer son autorité. Après avoir vaincu les sarrasins Charles Martel permet à Eudes de reprendre sa place en Aquitaine mais du coup Eudes perd son indépendance.

Cette description de la situation est bien entendue extrêmement simplifiée, mais déjà moins que la version « chrétiens Vs musulmans ». Plus on creuse et plus on ne peut que s’apercevoir que ces guerres ne sont que des conflits d’intérêts entre des puissants pour le contrôle de la population qui est vue comme une ressource. L’autre chose à retenir c’est que commémorer Charles Martel et Eudes d’Aquitaine ensemble est une aberration. Au final Charles Martel est avant tout le symbole d’une autorité centralisée écrasant les autonomies locales, comme en témoigne l’Histoire de Béziers qu’il a fait incendier.

 

Pour plus d’informations il y a le livre Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire, de William Blanc et Christophe Naudin édité par libertalia.