Projection-débat Trouble #14 :  » Rester Debout: Luttes pour les Espaces Autonomes « 

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On se retrouve jeudi 17 janvier, 20h, à l’Astronef ( 3 place des avions, M Saouzelong) pour la projection d’un nouvel épisode de Trouble. Après celui sur le Hip-Hop on passe à la question des luttes territoriales.

     Même si elle s’inspirent les unes et les autres; les luttes d’autonomie territoriales doivent se baser sur les réalités locales pour réussir. La bataille pour un centre social squatter dans un quartier urbain sera nécessairement différente de celle menée par des défenseurs de territoires Autochtones contre des compagnies pétrolières.

Même si elles sont différentes, ces luttes découlent de la même résolution. Tracer une ligne et de la défendre… peu importe ce qu’il viendra. Après tout, défendre un espace physique veut dire rester debout.

Dans l’Épisode de Trouble; SubMédia met en lumière trois luttes d’autonomie de territoire :

  • le Camp Unist’ot’en, situé dans les terres non-cédés du territoire Wet’suwt’en en soi-disant Colombie-Britannique,
  • le mouvement pour les espaces autonomes à Ljubljana en Slovénie
  • et la Zone À Défendre (ZAD), à Notre-Dame-Des-Landes, en France.

Bande d’annonce du documentaire : cliquer ici

Durée : 40 minutes en VOSTFR + débat avec des collectifs invités

Prix : Participation libre

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A propos de Submedia

Trouble est une série documentaire mensuelle destinée à être projetée en groupe, en équipage en public. Nous espérons que ces vidéos aideront à favoriser une discussion critique et à susciter des initiatives d’organisation et d’action locale.

SubMedia est un collectif de production vidéo qui vise à promouvoir des idées anarchistes et anticapitalistes et à aider les luttes sociales grâce à la diffusion de films et de vidéos radicaux.

Fondé en 1994, SubMedia à produit des centaines de vidéos sur tout, des manifestations anti-mondialisation au films sur le vol à l’étalage. Nos films ont été diffusés dans le monde entier dans les centres sociaux et les cinémas et ont été regardés par des millions sur Internet.

Pour plus d’infos : http://sub.media/

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Robert Faurisson est mort, un antisémite de moins !

    Robert Faurisson, idéologue du négationnisme, est décédé. Un petit rappel sur son discours à combattre haut et fort et sous toutes ses formes.

Cet idéologue d’extrême-droite a participé à lier les thèses complotistes et antisémites. Il a influencé et redynamisé l’extrême-droite d’aujourd’hui : de Dieudonné à Soral en passant bien sûr par les néonazis, les royalistes ou les nationalistes. On se rappelle, Dieudonné l’a invité à l’un de ses spectacles, mettant ainsi un terme à toute ambiguïté sur ses convictions politiques.

Le négationnisme est la forme actuelle la plus connue de l’antisémitisme car elle conteste le génocide des juifs par l’Allemagne nazie. Robert Faurisson a réactualisé le mythe du « complot juif » international. Le négationnisme nie la politique d’extermination des juifs et innocente le nazisme en délivrant ce message : « Les juifs mentent depuis plus de 60 ans. Ils ont permis la création d’Israël en culpabilisant l’Occident avec l’invention du génocide ». Pour se justifier de ces aberrations, il a toujours clamé son apolitisme car il entendait diffuser une « théorie scientifique ». Bien plus facile de se prétendre « scientifique » que bourreau et manipulateur. Au début des années 80, Faurisson entendait mettre en avant les incohérences de l’histoire. Aujourd’hui, les prétendus arguments techniques ont fait place à la dénonciation du « complot judéo-sioniste » et préfère surfer sur la défiance face aux puissants. Un autre idéologue du négationnisme à combattre avec Faurisson, c’est François Duprat : théoricien du nationalisme révolutionnaire et ancien numéro 2 du Front national .

Mélangeant occultation du réel, incitation à la haine raciale / religieuse / culturelle, construction de faux-ennemis, de boucs émissaires… cette logique n’a qu’une seule fin : créer une cohésion nationale basée sur une idéologie raciste et s’emparer du pouvoir. La défiance légitime face aux institutions d’Etat et face à la classe dirigeante ne doit pas nous tourner vers une logique dangereuse, haineuse, qui serait désastreuse pour toutes et tous, et en particulier les couches sociales les plus défavorisées. Elle doit, au contraire, nous faire prendre conscience de l’importance de la défense de nos valeurs : de classe, populaire, ouvert à tous et toutes quelque soit nos convictions religieuses.

Sa mort est une bonne nouvelle, tant pour nos luttes que pour nos mémoires ! Mais n’oublions pas que ces idées perdurent, que son travail d’idéologue a payé. Son héritage se retrouve chez les militant.e.s d’extrême-droite et dans le parti qui a convaincu 10,6 millions de personnes de voter pour lui aux dernières élections…

Face au capitalisme et au racisme,
Unité de classe révolutionnaire et antifasciste !

Charlottesville : la marche des suprémacistes blancs finit en assassinat

Issu du blog de La Horde: l’article est disponible ci-dessous ou directement ici

Un mort et une vingtaine de blessé.e.s : voilà ce qu’il se passe quand on donne la possibilité à l’extrême-droite de manifester. 
Cela faisait plusieurs semaines que tout le monde s’y préparait. L’évènement « Unite the right » (Unifier la droite) à Charlottesville devait être la plus grande manifestation de néonazis et suprémacistes blancs de l’histoire récente des Etats-Unis et s’est terminé en drame. Un participant à la marche d’extrême-droite a foncé avec sa voiture dans la foule des contre-manifestants antifascistes et antiracistes. Une jeune femme de 32 ans est décédée, et au moins 19 autres personnes ont été blessées.

Toute l’extrême-droite des Etats-Unis (Alt Right, National Socialist Movement, Ku Klux Klan, Vanguard America, différents groupes et organisations suprémacistes, nationalistes, ainsi que les chefs de file de ces mouvements) s’était donné rendez-vous à Charlottesville, petite ville paisible de l’état de Virginie. Le choix de cette ville n’est pas anodin : le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan avait été mis en échec par une mobilisation antiraciste populaire et massive. La raison invoquée par les organisations nationalistes et suprémacistes était de protester contre l’enlèvement de la statue du général confédéré Robert E. Lee, symbole de l’esclavagisme.

Dès le vendredi soir, les membres de ces différents groupes d’extrême-droite se sont retrouvés sur le campus universitaire pour une marche aux falmbeaux aux cris de « You will not replace us » (suivant la théorie du grand remplacement). Déjà sur le campus, ces quelques centaines de fascistes ont pris à partie, encerclés et lynchés un groupe d’étudiant.e.s et d’habitant.e.s qui s’était rassemblé pour protester contre leur présence. Ce rassemblement, autorisé par les pouvoirs locaux, et ce lynchage se sont déroulés sous les yeux de la police locale et fédérale

Le lendemain, ce samedi 12 aout 2017, des affrontements éclatent un peu partout autour du square où se trouve la statue du général esclavagiste. Côté fasciste, des miliciens armés de fusils mitrailleurs automatiques se montrent en première ligne, épaulant les membres de l’alt right et autres néonazis casqués et équipés de matraques et boucliers. Côté des habitant.e.s et activistes antiracistes et antifascistes, des membres de Redneck Revolt assure la sécurité et mettent en place des périmètres (safe zone). Les pouvoirs locaux, devant la violence et le nombre de débordements, décident d’interdire la manifestation des suprémacistes et nationalistes, 2 heures avant l’heure officielle de l’évènement.

C’est peu de temps après cette annonce, qu’un participant à la marche nazie, James Alex Fields Jr, a foncé dans le cortège des manifestant.e.s antifascistes, à l’angle de Water Street et de 4th Street. Roulant sur la foule, le véhicule finit par percuter 2 véhicules immobilisées dans le cortège. Il repart alors en marche arrière, percutant de nouveau des manifestant.e.s. Le véhicule repart, et sera interpellé quelques centaines de mètres plus loin.

Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, participante à la marche antiraciste décède et 19 autres personnes sont blessées.

Le soir Trump a refusé de condamner les violences et le crime commis par les fascistes, qui l’ont soutenu et permis d’accéder à la présidence des Etats-Unis. Il a préféré renvoyer dos à dos antifascistes et néonazis, parlant des « violences de tous les côtés » et niant l’essence violente et anti-sociale des idéologies et organisations nationalistes et suprémacistes.

Nous souhaitons témoigner notre rage et notre solidarité pour tous les antifascistes et antiracistes qui luttent au quotidien contre les groupes et les idées d’extrême-droite sur le territoire nord-américain et plus spécifiquement contre les forces réactionnaires qui ont permis à l’ultra-capitaliste et xénophobe Donald Trump de se retrouver au pouvoir. Même s’il est trop tôt et que nous sommes trop loins pour l’analyser correctement, il est sûr que la journée du 12 aout 2017 et l’assassinat de Heather Heyer marque un tournant dans la lutte contre l’extrême-droite, le racisme et le fascisme outre-Atlantique.

Solidarité avec les antifascistes nord-américains ! Le meilleur hommage, continuer le combat !

La tragédie du miel amer, par le collectif autonoMie

Nous relayons cette production locale, réalisée par le collectif autonoMie, sur le racisme d’état auquel sont confrontés les mineurs isolés étrangers par le biai du DDAEOMIE, dispositif discriminatoire destiné aux jeunes étrangers mis en place pour les exclure du dispositif d’aide sociale à l’enfance.

Le collectif AutonoMIE est heureux de vous présenter son film « La tragédie du miel amer ».

Treize jeunes y témoignent du système de discrimination organisé par le département pour écarter les migrant-es d’Afrique subsaharienne du dispositif d’aide sociale à l’enfance. Leurs propos sont accablants pour le Conseil Départemental et la structure privée à laquelle il a délégué la gestion raciste de ces flux migratoires : le DDAEOMIE.

SAAMENA à Marseille, SAEMIE à Bordeaux et à Pau, MMIE à Rennes, DEMIE à
Paris, PEMIE en Seine-Saint-Denis… Les dispositifs d’exception se multiplient et se ressemblent. Créés par les départements dans la foulée de la circulaire Taubira en 2016, ces centres où aucun-e français-e ne rentre n’ont qu’une raison d’être : faire des mineur-es isolé-es étranger-es – protégé-es par la Convention internationale des droits de l’enfant – des sans-papiers comme les autres. Et réserver l’Aide Sociale à l’Enfance aux nationaux… ou aux plus blanc-hes des étranger-es.

A Toulouse, ce racisme d’État prend la forme d’une interminable garde à vue dans les locaux du DDAEOMIE (Dispositif Départemental d’Accueil, d’Évaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers, ouvert depuis le 4 juillet 2016), où des éducateur-ices qui n’en ont que le nom font subir jusqu’à dix interrogatoires à charge à celles et ceux dont le seul crime est d’avoir survécu à l’enfer migratoire. Enfermé-es, les jeunes parlent de « libération » quand, au bout d’une dizaine de jours, ils et elles sont mis-es à la rue, allégé-es de leurs documents d’identité, avec une « suspicion de majorité » entraînant un classement sans suite.

Le parquet de la Haute Garonne n’hésite pas à poursuivre les jeunes qui contestent cette décision auprès de la juge des enfants – et qui gagnent. Accusé-es d’ « escroquerie à l’aide sociale à l’enfance », il n’est plus rare de les voir partir à la maison d’arrêt de Seysses exécuter de courtes peines en forme d’avertissements lancés à celles et ceux qui, dehors, trouvent encore le courage de se battre au sein du collectif AutonoMIE.

Les jeunes ressortissant-es d’Afrique subsaharienne et francophone se retrouvent en première ligne de la guerre aux migrant-es à laquelle se livre le département de la Haute Garonne. En réponse, la solidarité est notre seule arme.

Pour que celles et ceux que l’on pille là-bas ne soient plus mis-es à la rue ici ;

Pour que le Conseil Départemental de la Haute Garonne cesse de confondre protection de l’enfance et gestion des flux migratoires ;

Pour que le DDAEOMIE ferme ses portes et que rien ne le remplace ;

Pour la solidarité avec les victimes du racisme d’État ;

Contre la négrophobie, contre le néocolonialisme, contre la Françafrique ;

Contre les lois d’exception ;

Contre toutes les prisons (DDAEOMIE, CRA, Maisons d’Arrêt…) ;

 

L’extrême-droite et la bataille de Toulouse

La volonté de faire de l’Histoire un roman national glorifiant la France est quelque chose de récurrent chez les nationalistes. Les groupes fascistes tels le bloc identitaire ne sont pas de reste et commémorent depuis longtemps la bataille de Poitiers qui eut lieu en 732. Sur Toulouse ils ont tentés à plusieurs reprises de faire de même avec une bataille plus locale, celle de 721 où le duc Eudes d’Aquitaine repoussa un raid sarrasin. Mais cette année c’est au tour du Parti Nationaliste Français de faire une conférence sur ce sujet. L’objectif de ces groupes est de trouver des exemples à leur prétendu choc des civilisations. Cette bataille devrait être le symbole de la résistance locale à l’islamisation. Ainsi lorsqu’ils pensent à la Toulouse résistante ils ne pensent pas aux FTP MOI (Francs-tireurs et Partisans – Mains-d’œuvre Immigrée) et Mendel (Marcel) Langer mort en 1943 guillotiné par Vichy mais à une guerre entre grands seigneurs qui eu lieu il y a pratiquement 1300 ans. Le raisonnement étant : « regardez  : des chrétiens et des musulmans se sont fait la guerre en France, c’est bien la preuve que l’on ne peut pas vivre ensemble. » Avec un raisonnement pareil on se demande ce qu’ils doivent penser des allemands… Et vont-ils prôner de bouter les anglais hors de France au prétexte de la guerre de 100 ans ?

Mais revenons quand même sur cette événement pour voir si l’on ne peut pas l’interpréter différemment. Tout d’abord du côté « chrétien » Eudes et Charles Martel ne sont pas alliés. Ils se sont déjà fait la guerre et Eudes a perdu en 719. Charles est donc satisfait de voir son voisin, qu’il entend soumettre, en guerre contre les sarrasins. Ainsi il ne l’aide pas lorsque ceux-ci, après avoir pris Narbonne, marchent sur Toulouse. La victoire du duc d’Aquitaine est sans doute une décevante surprise pour Martel. Du côté « musulman » il n’y a pas plus d’unité, les troupes berbères ralliées par les sarrasins et qui ont participé à la conquête de la péninsule Ibérique se sentent lésées par la répartition des gains. Un de leurs leaders qui est établie dans les Pyrénées orientales, Munuza, s’allie alors avec Eudes. Un mariage entre la fille du duc d’Aquitaine et le chef rebelle est célébré en 729. En 731 l’émir de Cordoue prépare une expédition vers le nord. Il en profite pour mater la rébellion des berbères et tuer Munuza. Au même moment Martel attaque Eudes et prend la ville de Bourges mais n’arrive pas à la garder. En 732 les sarrasins sont prêts et lancent leur expédition. Le duc d’Aquitaine subit une sévère défaite à Bordeaux. Martel, lui, laisse les Sarrasins piller le sud et ne réagit que lorsque ceux-ci remontent suffisamment pour menacer son autorité. Après avoir vaincu les sarrasins Charles Martel permet à Eudes de reprendre sa place en Aquitaine mais du coup Eudes perd son indépendance.

Cette description de la situation est bien entendue extrêmement simplifiée, mais déjà moins que la version « chrétiens Vs musulmans ». Plus on creuse et plus on ne peut que s’apercevoir que ces guerres ne sont que des conflits d’intérêts entre des puissants pour le contrôle de la population qui est vue comme une ressource. L’autre chose à retenir c’est que commémorer Charles Martel et Eudes d’Aquitaine ensemble est une aberration. Au final Charles Martel est avant tout le symbole d’une autorité centralisée écrasant les autonomies locales, comme en témoigne l’Histoire de Béziers qu’il a fait incendier.

 

Pour plus d’informations il y a le livre Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire, de William Blanc et Christophe Naudin édité par libertalia.