L’information est une bataille politique : contre l’imposture fasciste d’Infos Toulouse !

Le jeudi 12 septembre 2019, le « Cercle des capitouls » organisait la venue de Bruno Gollnisch. Cet ancien cadre du Front national a été remercié au moment de la tentative de dédiabolisation du parti en 2015, sa ligne étant jugée un peu trop sulfureuse. La conférence, était intitulée sobrement « la corruption du droit », ironique quand on sait que Gollnisch a été condamné en 2018 pour « abus de confiance » dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen. Si les organisateurs ont tenu à garder le lieu secret, pour éviter tout contre rassemblement, c’est, encore une fois, dans une salle municipale que la rencontre eu lieu.

Comme à son habitude Infos Toulouse (site d’information prétendant « ré-informer » les toulousain.e.s) est le seul « média » à avoir relayé. Le site a déjà eu l’occasion de fournir une tribune à nombre de théoriciens issus des divers courants de l’extrême-droite française : Jean-Yves Le Gallou (essayiste identitaire), François Bousquet (rédacteur en chef de la revue Éléments), Alexandre Mendel (écrivain proche de Valeurs actuelles et islamophobe notoire), Julien Langella (militant identitaire et catholique intégriste). Mais aussi l’ancien porte-parole des « gilets jaunes libres » Benjamin Cauchy*, devenu par la suite candidat pour le parti souverainiste UPR, ou encore Jordi Vives de Lengadoc infos, site d’information proche de la Ligue du midi, axé pendant longtemps sur l’anti-antifascisme et la publication de photos et d’identités de membres supposés du mouvement antifasciste.

Infos toulouse cache (très mal) sa ligne éditoriale et militante réactionnaire derrière quelques articles bateau sur le TFC ou encore sur le patrimoine français. Mais une étude un peu approfondie permet de dissiper toute ambiguïté : entre les articles à charge sur la question de l’islam (le site possède d’ailleurs un onglet thématique « islamisme ») ou de la PMA et la GPA, les appels aux évènements publics de la manif pour tous, des identitaires (et de tout ce que Toulouse et ses alentours comptent de réactionnaires), la course à l’angoisse sécuritaire à travers l’interprétation des actualités de faits divers et les articles historico-politiques vantant la puissance de la France à travers son histoire, le site ressemble à une immense affiche publicitaire pour l’extrême-droite.

La section kiosque du site n’est pas en reste : partage de TV Libertés (web tv préférée de l’extrême-droite), des numéros de la revue Rébellion et des émissions de la web radio Méridien zéro (organes de presse des nationalistes révolutionnaires de l’OSRE) et référencement des revues « Éléments » (identitaire) et « Réfléchir et agir »** , heureusement que les fondateurs du site déclaraient «ne pas avoir d’engagement politique», en 2016 , sinon qu’est ce que ce serait…

Les méthodes de manipulation et d’orientation de l’opinion publique sont systématiques à l’extrême-droite. Ce militantisme virtuel, théorisé depuis des années, s’opère à travers des sites dits de « ré-information », mais aussi le « trollage » des commentaires des médias dominants (presse, TV, radios,…) et l’orientation des posts de forums (comme jeuxvideos.com). Il vise à distiller la pensée et les idées d’extrême-droite partout où les moyens traditionnels (action politique, communication propre des organisations d’extrême-droite, jeu démocratique habituel) ne suffisent pas. Cette extrême-droite diffuse toujours plus de haine, de racisme, de sexisme, d’homophobie dans la société, donnant également une fausse impression d’omniprésence des idées et personnes d’extrême-droite dans le champ social et politique.

Infos-Toulouse se fait ainsi le meilleur complice des crimes et agressions violentes de l’extrême-droite, de Toulouse à Christchurch, en participant à la normalisation et à la diffusion des actes et idées de l’extrême-droite.

Combattons la peste brune et ses expressions ! Tolosa antifascista !

* sur lequel nous avions publié un communiqué : https://unionantifascistetoulousaine.wordpress.com/2018/11/27/communique-antifasciste-sur-limplication-locale-de-lextreme-droite-dans-le-mouvement-des-gilets-jaunes/

** fondée par d’anciens skinheads fascistes : https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/

Compléments d’information sur Infos Toulouse et sur le Cercle des capitouls :

https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2018/05/29/les-multiples-visages-de-lextreme-droite-toulousaine/

https://lahorde.samizdat.net/2018/01/26/a-toulouse-la-course-a-la-xenophobie-des-republicains-a-laction-francaise-en-passant-par-les-identitaires-et-le-fn/

https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/medias-midi-pyrenees/2016/09/29/proche-de-lextreme-droite-le-site-infos-toulouse-veut-reinformer-les-toulousains.html

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Projection-Débat Trouble #19 : « Spectre technologique – surveillance et contrôle des masses »

On se retrouve mardi 23 Juillet à 20H30 au café associatif l’Astronef (3 place des avions –  métro Saouzelong) pour la projection du docu Trouble mensuel.

   Dans l’épisode de ce mois-ci de Trouble, nous nous intéressons à la technologie, plus précisément au lien croissant qui existe entre la collecte de données en masse, l’intelligence artificielle et la surveillance.


   Nous sommes au seuil d’une nouvelle ère. Dans les années et les décennies à venir, les progrès rapides dans les domaines de technologies avancées promettent de restructurer radicalement nos sociétés. Tout comme le moteur à vapeur et l’ordinateur personnel en leurs temps. Les prochaines vagues d’automatisation devraient éliminer des catégories entières d’emplois, suscitant le spectre d’un chômage généralisé et la possibilité de nouvelles formes plus sophistiquées de servitude économique et de contrôle social. Ces transformations se dérouleront sous l’œil attentif d’un état de surveillance de pointe, aidé d’une nouvelle génération de logiciels de reconnaissance faciale répondant à des algorithmes, et de la multiplication des dispositifs « intelligents » en réseau qui enregistrent presque tout ce que nous disons ou faisons.

Aujourd’hui, dans les universités et les laboratoires de recherche et développement de Shenzen, Singapour et Silicon Valley, de nombreuses technologies futures sont conçues par des scientifiques et des ingénieurs travaillant pour le compte d’entrepreneurs militaires et de sociétés de technologie valant plusieurs milliards de dollars.

L’adage selon laquelle « la technologie est neutre » sonnent creux dans un monde dominé par les États voraces et les relations commerciales toujours plus destructrices. Il est clair que ceux qui contrôlent et façonnent le développement technologique et la production sont ceux qui en béniront le plus. Mais au bout du compte, le capital et l’État ne détiennent pas le monopole de l’innovation.

De nombreux et nombreuses anarchistes et hackers travaillent également à la construction de nouvelles technologies pour aider à contrecarrer ce monopole et ouvrir de nouvelles voies de résistance. Et malgré ce que vous avez entendu, les outils du capitaine peuvent être utilisés pour démanteler la maison du maître – à condition que l’on sache où viser.

Cette épisodes contient des entrevues exclusives avec

  • Peter Gelderloos (militant anarchiste et auteur de « Comment la non-violence protège l’État »,
  • Angela Orasch (doctorante et chercheuse spécialisé dans la gouvernance des milieux urbains)
  • Isis Agora Lovecruft (développeuse et cryptographe pour le logiciel de navigation anonyme T.O.R, anarchiste et hackeuse)
  • un anarchiste anonyme.

Bande d’annonce du documentaire : cliquer ici

/ !\ A la fin de la projection des guides d’auto-défense numérique et des brochures seront distribuer gratuitement !

/ !\ Si vous souhaitez témoigner de ce qui vous est arrivé n’hésitez pas à venir ! Ou si vous avez connaissance d’un collectif ou d’un internant.e qui serait intéressant d’inviter, merci de contacter l’UAT. Elle essaiera de les faire venir, dans les moyens qu’elle dispose.


Durée : 37 minutes en VOSTFR + débat
Prix : Participation libre

A propos de Submedia


Trouble est une série documentaire mensuelle destinée à être projetée en groupe, en équipage en public. Nous espérons que ces vidéos aideront à favoriser une discussion critique et à susciter des initiatives d’organisation et d’action local.

Fondé en 1994, SubMedia est un collectif de production vidéo qui vise à promouvoir des idées anarchistes et anticapitalistes et à aider les luttes sociales grâce à la diffusion de films et de vidéos radicaux.

Pour plus d’informations sur SubMedia : Site Web, Facebook, Twitter

Projection-débat Trouble #14 :  » Rester Debout: Luttes pour les Espaces Autonomes « 

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On se retrouve jeudi 17 janvier, 20h, à l’Astronef ( 3 place des avions, M Saouzelong) pour la projection d’un nouvel épisode de Trouble. Après celui sur le Hip-Hop on passe à la question des luttes territoriales.

     Même si elle s’inspirent les unes et les autres; les luttes d’autonomie territoriales doivent se baser sur les réalités locales pour réussir. La bataille pour un centre social squatter dans un quartier urbain sera nécessairement différente de celle menée par des défenseurs de territoires Autochtones contre des compagnies pétrolières.

Même si elles sont différentes, ces luttes découlent de la même résolution. Tracer une ligne et de la défendre… peu importe ce qu’il viendra. Après tout, défendre un espace physique veut dire rester debout.

Dans l’Épisode de Trouble; SubMédia met en lumière trois luttes d’autonomie de territoire :

  • le Camp Unist’ot’en, situé dans les terres non-cédés du territoire Wet’suwt’en en soi-disant Colombie-Britannique,
  • le mouvement pour les espaces autonomes à Ljubljana en Slovénie
  • et la Zone À Défendre (ZAD), à Notre-Dame-Des-Landes, en France.

Bande d’annonce du documentaire : cliquer ici

Durée : 40 minutes en VOSTFR + débat avec des collectifs invités

Prix : Participation libre

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A propos de Submedia

Trouble est une série documentaire mensuelle destinée à être projetée en groupe, en équipage en public. Nous espérons que ces vidéos aideront à favoriser une discussion critique et à susciter des initiatives d’organisation et d’action locale.

SubMedia est un collectif de production vidéo qui vise à promouvoir des idées anarchistes et anticapitalistes et à aider les luttes sociales grâce à la diffusion de films et de vidéos radicaux.

Fondé en 1994, SubMedia à produit des centaines de vidéos sur tout, des manifestations anti-mondialisation au films sur le vol à l’étalage. Nos films ont été diffusés dans le monde entier dans les centres sociaux et les cinémas et ont été regardés par des millions sur Internet.

Pour plus d’infos : http://sub.media/

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Robert Faurisson est mort, un antisémite de moins !

    Robert Faurisson, idéologue du négationnisme, est décédé. Un petit rappel sur son discours à combattre haut et fort et sous toutes ses formes.

Cet idéologue d’extrême-droite a participé à lier les thèses complotistes et antisémites. Il a influencé et redynamisé l’extrême-droite d’aujourd’hui : de Dieudonné à Soral en passant bien sûr par les néonazis, les royalistes ou les nationalistes. On se rappelle, Dieudonné l’a invité à l’un de ses spectacles, mettant ainsi un terme à toute ambiguïté sur ses convictions politiques.

Le négationnisme est la forme actuelle la plus connue de l’antisémitisme car elle conteste le génocide des juifs par l’Allemagne nazie. Robert Faurisson a réactualisé le mythe du « complot juif » international. Le négationnisme nie la politique d’extermination des juifs et innocente le nazisme en délivrant ce message : « Les juifs mentent depuis plus de 60 ans. Ils ont permis la création d’Israël en culpabilisant l’Occident avec l’invention du génocide ». Pour se justifier de ces aberrations, il a toujours clamé son apolitisme car il entendait diffuser une « théorie scientifique ». Bien plus facile de se prétendre « scientifique » que bourreau et manipulateur. Au début des années 80, Faurisson entendait mettre en avant les incohérences de l’histoire. Aujourd’hui, les prétendus arguments techniques ont fait place à la dénonciation du « complot judéo-sioniste » et préfère surfer sur la défiance face aux puissants. Un autre idéologue du négationnisme à combattre avec Faurisson, c’est François Duprat : théoricien du nationalisme révolutionnaire et ancien numéro 2 du Front national .

Mélangeant occultation du réel, incitation à la haine raciale / religieuse / culturelle, construction de faux-ennemis, de boucs émissaires… cette logique n’a qu’une seule fin : créer une cohésion nationale basée sur une idéologie raciste et s’emparer du pouvoir. La défiance légitime face aux institutions d’Etat et face à la classe dirigeante ne doit pas nous tourner vers une logique dangereuse, haineuse, qui serait désastreuse pour toutes et tous, et en particulier les couches sociales les plus défavorisées. Elle doit, au contraire, nous faire prendre conscience de l’importance de la défense de nos valeurs : de classe, populaire, ouvert à tous et toutes quelque soit nos convictions religieuses.

Sa mort est une bonne nouvelle, tant pour nos luttes que pour nos mémoires ! Mais n’oublions pas que ces idées perdurent, que son travail d’idéologue a payé. Son héritage se retrouve chez les militant.e.s d’extrême-droite et dans le parti qui a convaincu 10,6 millions de personnes de voter pour lui aux dernières élections…

Face au capitalisme et au racisme,
Unité de classe révolutionnaire et antifasciste !

Charlottesville : la marche des suprémacistes blancs finit en assassinat

Issu du blog de La Horde: l’article est disponible ci-dessous ou directement ici

Un mort et une vingtaine de blessé.e.s : voilà ce qu’il se passe quand on donne la possibilité à l’extrême-droite de manifester. 
Cela faisait plusieurs semaines que tout le monde s’y préparait. L’évènement « Unite the right » (Unifier la droite) à Charlottesville devait être la plus grande manifestation de néonazis et suprémacistes blancs de l’histoire récente des Etats-Unis et s’est terminé en drame. Un participant à la marche d’extrême-droite a foncé avec sa voiture dans la foule des contre-manifestants antifascistes et antiracistes. Une jeune femme de 32 ans est décédée, et au moins 19 autres personnes ont été blessées.

Toute l’extrême-droite des Etats-Unis (Alt Right, National Socialist Movement, Ku Klux Klan, Vanguard America, différents groupes et organisations suprémacistes, nationalistes, ainsi que les chefs de file de ces mouvements) s’était donné rendez-vous à Charlottesville, petite ville paisible de l’état de Virginie. Le choix de cette ville n’est pas anodin : le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan avait été mis en échec par une mobilisation antiraciste populaire et massive. La raison invoquée par les organisations nationalistes et suprémacistes était de protester contre l’enlèvement de la statue du général confédéré Robert E. Lee, symbole de l’esclavagisme.

Dès le vendredi soir, les membres de ces différents groupes d’extrême-droite se sont retrouvés sur le campus universitaire pour une marche aux falmbeaux aux cris de « You will not replace us » (suivant la théorie du grand remplacement). Déjà sur le campus, ces quelques centaines de fascistes ont pris à partie, encerclés et lynchés un groupe d’étudiant.e.s et d’habitant.e.s qui s’était rassemblé pour protester contre leur présence. Ce rassemblement, autorisé par les pouvoirs locaux, et ce lynchage se sont déroulés sous les yeux de la police locale et fédérale

Le lendemain, ce samedi 12 aout 2017, des affrontements éclatent un peu partout autour du square où se trouve la statue du général esclavagiste. Côté fasciste, des miliciens armés de fusils mitrailleurs automatiques se montrent en première ligne, épaulant les membres de l’alt right et autres néonazis casqués et équipés de matraques et boucliers. Côté des habitant.e.s et activistes antiracistes et antifascistes, des membres de Redneck Revolt assure la sécurité et mettent en place des périmètres (safe zone). Les pouvoirs locaux, devant la violence et le nombre de débordements, décident d’interdire la manifestation des suprémacistes et nationalistes, 2 heures avant l’heure officielle de l’évènement.

C’est peu de temps après cette annonce, qu’un participant à la marche nazie, James Alex Fields Jr, a foncé dans le cortège des manifestant.e.s antifascistes, à l’angle de Water Street et de 4th Street. Roulant sur la foule, le véhicule finit par percuter 2 véhicules immobilisées dans le cortège. Il repart alors en marche arrière, percutant de nouveau des manifestant.e.s. Le véhicule repart, et sera interpellé quelques centaines de mètres plus loin.

Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, participante à la marche antiraciste décède et 19 autres personnes sont blessées.

Le soir Trump a refusé de condamner les violences et le crime commis par les fascistes, qui l’ont soutenu et permis d’accéder à la présidence des Etats-Unis. Il a préféré renvoyer dos à dos antifascistes et néonazis, parlant des « violences de tous les côtés » et niant l’essence violente et anti-sociale des idéologies et organisations nationalistes et suprémacistes.

Nous souhaitons témoigner notre rage et notre solidarité pour tous les antifascistes et antiracistes qui luttent au quotidien contre les groupes et les idées d’extrême-droite sur le territoire nord-américain et plus spécifiquement contre les forces réactionnaires qui ont permis à l’ultra-capitaliste et xénophobe Donald Trump de se retrouver au pouvoir. Même s’il est trop tôt et que nous sommes trop loins pour l’analyser correctement, il est sûr que la journée du 12 aout 2017 et l’assassinat de Heather Heyer marque un tournant dans la lutte contre l’extrême-droite, le racisme et le fascisme outre-Atlantique.

Solidarité avec les antifascistes nord-américains ! Le meilleur hommage, continuer le combat !